

La cérémonie a réuni le Directeur général de l’ANER, le Professeur Diouma Kobor, le Directeur général d’Enabel, Jean Van Wetter, le Délégué général Wallonie-Bruxelles au Sénégal, le représentant du ministre de l’Énergie et du Pétrole ainsi que de nombreux partenaires techniques et financiers, chercheurs, acteurs du secteur privé et représentants de la société civile.
Ouvrant les travaux, le Professeur Diouma Kobor a rappelé que le Sénégal a franchi une nouvelle étape dans sa transition énergétique, les énergies renouvelables représentant désormais près de 28 % de la capacité électrique installée, avec un objectif d’environ 40 % dans les prochaines années. Selon lui, cette évolution impose désormais une nouvelle responsabilité : intégrer pleinement la gestion du cycle de vie des équipements solaires afin que la transition énergétique demeure durable.
« Promouvoir l’énergie solaire ne se limite pas à installer des équipements. Il s’agit également de structurer une filière durable et responsable capable de gérer les déchets générés par ces technologies », a-t-il déclaré.
Le Directeur général de l’ANER a expliqué que la feuille de route, élaborée grâce à une large concertation nationale avec l’appui de Wallonie-Bruxelles et d’Enabel, définit une vision à long terme pour organiser une véritable filière nationale de gestion des déchets d’équipements solaires. Elle prévoit notamment un cadre réglementaire, l’organisation de la collecte, du transport, du traitement et de la valorisation des déchets, ainsi que des mécanismes de financement, de suivi-évaluation et de renforcement des capacités.
Pour lui, cette démarche représente également une opportunité économique importante, susceptible de favoriser l’émergence de nouveaux métiers, de créer des emplois verts et de développer une véritable économie circulaire au Sénégal.
De son côté, le Directeur général d’Enabel, Jean Van Wetter, a insisté sur l’urgence d’anticiper la croissance rapide des déchets issus des installations photovoltaïques. Il a indiqué qu’environ 7 000 tonnes de déchets d’équipements solaires sont déjà recensées au Sénégal, un volume qui pourrait être multiplié par trois à l’horizon 2040, avant d’atteindre plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’ici 2050.
Selon lui, cette évolution nécessite dès aujourd’hui un cadre législatif solide, une gouvernance adaptée, des entreprises spécialisées dans le recyclage ainsi qu’une main-d’œuvre qualifiée.
« Cette transition constitue également une formidable opportunité pour développer une nouvelle filière économique créatrice d’emplois, de compétences techniques et d’innovation », a-t-il affirmé, saluant le leadership du Gouvernement du Sénégal et le rôle confié à l’ANER pour piloter cette stratégie nationale.
Prenant la parole au nom du ministre de l’Énergie et du Pétrole, le Directeur du développement des énergies renouvelables a rappelé que le Sénégal poursuit une politique ambitieuse visant à renforcer sa souveraineté énergétique, améliorer l’accès à une énergie moderne et soutenir la compétitivité économique.
Il a toutefois souligné que chaque panneau solaire, chaque batterie et chaque onduleur installés aujourd’hui deviendront demain des déchets qu’il faudra gérer de manière responsable.
Selon lui, cette feuille de route permettra d’éviter que les équipements en fin de vie ne deviennent une menace environnementale et sanitaire, tout en créant les conditions favorables à l’émergence d’une véritable industrie nationale du recyclage.
Il a insisté sur la responsabilité partagée entre l’État, les producteurs, les importateurs, les collectivités territoriales, le secteur privé, les universités et les partenaires techniques afin de bâtir une filière performante, innovante et respectueuse de l’environnement.
Le Délégué général Wallonie-Bruxelles a, pour sa part, rappelé que le développement des énergies renouvelables ne peut être dissocié de la gestion des déchets qu’elles génèrent.
Il a salué une coopération exemplaire entre la Wallonie, Enabel et les autorités sénégalaises, estimant que cette initiative permettra non seulement de protéger l’environnement, mais également de créer de nouvelles activités économiques et de nombreux emplois dans le domaine du recyclage et de l’économie circulaire.
Les différents intervenants ont unanimement souligné que la validation de cette feuille de route constitue le point de départ d’une nouvelle phase consacrée à sa mise en œuvre, avec pour ambition de faire du Sénégal une référence régionale en matière de gestion durable des déchets d’équipements solaires et de développement d’une économie circulaire appliquée aux énergies renouvelables.
Moussa Diba










