Cette édition est organisée autour du thème central : « L’école sénégalaise à l’heure des transitions (curriculaires, numériques et institutionnelles) : Former pour transformer », une problématique qui interroge les profondes mutations du système éducatif sénégalais et les réponses à y apporter.
À cette occasion, une conférence inaugurale a été animée par le professeur Guène Faye, autour du thème « L’agir éducatif face à l’éthique », devant des enseignants, inspecteurs, étudiants et acteurs du monde de l’éducation.
Prenant la parole, le président de l’Amicale des étudiants, Omar Diop, a rappelé que ces 48H constituent avant tout un rendez-vous de partage des savoirs, de convivialité et de réflexion académique.
« Ces journées sont un rendez-vous universitaire consacré à la connaissance, à la culture, aux échanges, mais également aux activités sportives prévues lors de la deuxième journée. Nous voulons inscrire cette édition dans une dynamique de transformation de l’école sénégalaise, en cohérence avec les réformes curriculaires, numériques et institutionnelles engagées par l’État », a-t-il déclaré.
Selon lui, le choix du thème est particulièrement pertinent dans le contexte actuel des réformes éducatives. Il a insisté sur la nécessité, pour les futurs inspecteurs, enseignants et éducateurs, de faire de l’éthique un véritable levier d’action afin de bâtir une école fondée sur les valeurs, capable de former des citoyens responsables et de contribuer durablement au développement du Sénégal.
Dans sa communication, le professeur Guène Faye, docteur en philosophie et chef du département chargé de la formation des inspecteurs de l’enseignement, a mis en lumière les nombreux défis auxquels reste confrontée l’école sénégalaise.
Il a notamment évoqué la déperdition scolaire, la baisse du niveau des élèves, les difficultés liées à l’enseignement des sciences, les abandons scolaires ainsi que les tensions pouvant exister entre élèves, enseignants et administration.
Pour le conférencier, toutes ces problématiques renvoient à une interrogation fondamentale sur la qualité du système éducatif et sur les valeurs qui doivent guider les pratiques professionnelles.
Selon lui, l’éthique constitue un cadre indispensable pour analyser et améliorer l’action éducative. Elle repose sur des principes, des valeurs et une responsabilité morale qui doivent orienter l’ensemble des acteurs de l’éducation.
Le professeur Guène Faye a particulièrement insisté sur la notion d’humanisation, estimant que si l’être humain naît biologiquement homme, il devient pleinement humain à travers son comportement, son rapport aux autres et les valeurs qu’il cultive.
Il a expliqué que certaines passions , telles que l’intolérance, l’agressivité, l’indifférence ou le repli sur soi ,peuvent éloigner l’individu de cette humanité et compromettre les relations indispensables au bon fonctionnement du système éducatif.
« L’école repose avant tout sur des relations humaines : entre enseignants et élèves, entre enseignants et administration, entre les différents acteurs de la communauté éducative. C’est pourquoi la question de l’éthique doit être constamment posée afin que chacun reconnaisse l’autre, dans le respect, la responsabilité et l’altérité », a-t-il soutenu.
Le philosophe estime que cette démarche est essentielle pour améliorer la qualité du système éducatif et former des citoyens capables de promouvoir la paix, le développement économique et des comportements moralement responsables au sein de la société.
À travers cette première journée des 48H, la FASTEF réaffirme ainsi sa volonté de faire de la réflexion scientifique, de l’éthique et de l’innovation pédagogique des piliers de la transformation de l’école sénégalaise.
Moussa Diba










