

Selon M. Diagne, l’ASBEF, dont le siège est situé sur la Route du Front de Terre à Dakar, traverse une profonde crise de gouvernance. Il affirme que des accusations de mauvaise gouvernance, de défaillance managériale ainsi que de mauvaise gestion administrative et financière alimentent un conflit interne opposant une partie du personnel, les instances de gouvernance et la Direction exécutive.
Le PCA par intérim soutient que plusieurs documents internes décrivent un climat social fortement dégradé, marqué par des tensions récurrentes avec le personnel, des retards dans le paiement des salaires ainsi que des difficultés de fonctionnement dans plusieurs structures de l’association, notamment à Kolda, Louga, Richard-Toll, Kaolack et Tambacounda. Selon lui, certaines de ces cliniques auraient vu leurs activités fortement perturbées, voire interrompues, en raison de problèmes liés à la gestion des ressources humaines et matérielles.
Parmi les griefs qu’il formule figurent également l’absence de présentation régulière des rapports d’audit et des états financiers devant les organes de gouvernance depuis 2019, ainsi que la signature présumée de contrats sans validation préalable du Conseil d’administration.
M. Diagne rappelle que les tensions au sein de l’ASBEF remontent au renouvellement des instances dirigeantes intervenu lors de l’Assemblée générale du 23 mars 2019. Il évoque la mission d’investigation menée la même année par la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF), à la suite de plaintes portant sur la gestion administrative et financière de l’association ainsi que sur des accusations de fraude lors du renouvellement des instances de l’antenne de Kaolack.
Selon lui, cette situation aurait contribué à la rupture du partenariat stratégique entre l’IPPF et l’ASBEF.
Toutefois, cette lecture des faits est contestée. D’anciens responsables de la gouvernance avaient estimé que la mission de l’IPPF ne respectait pas les principes d’impartialité. Ils soutenaient également que les audits réalisés n’avaient mis en évidence aucune fraude ni irrégularité financière imputable à la Directrice exécutive pour la période concernée. Ces responsables avaient, en conséquence, rejeté la recommandation visant à suspendre Mme Myriam Makeba Mingou.
Le PCA par intérim indique qu’à la suite de la démission de la présidente élue, il a été désigné pour assurer l’intérim à la tête du Conseil d’administration. Depuis sa prise de fonction, il affirme avoir sollicité à plusieurs reprises la convocation des instances de gouvernance afin d’examiner la situation de l’association.
Selon lui, la Direction exécutive aurait systématiquement invoqué un manque de ressources financières pour justifier la non-tenue de ces réunions depuis 2020, alors même que, d’après ses déclarations, les membres de la gouvernance s’étaient engagés à en assurer le financement. Il estime que cette situation a favorisé une gestion insuffisamment contrôlée.
Le président du Conseil d’administration par intérim reproche notamment à la Directrice exécutive :
- une gestion qu’il juge opaque des ressources financières de l’association ;
- l’absence de présentation régulière des rapports financiers et des audits aux instances de gouvernance ;
- des tensions persistantes avec le personnel et un climat social dégradé ;
- d’importants retards dans le paiement des salaires ;
- des difficultés d’approvisionnement en produits médicaux et contraceptifs ;
- la dégradation d’équipements de laboratoire, de cabinets dentaires et d’infrastructures ;
- la signature présumée de contrats sans l’autorisation préalable des organes compétents ;
- le refus présumé d’exécuter certaines décisions administratives après son licenciement ;
- la contestation de la légitimité du président du Conseil d’administration par intérim.
Pour M. Diagne, ces éléments justifient une réforme en profondeur de la gouvernance de l’ASBEF ainsi que le départ de la Directrice exécutive, une revendication qui, selon lui, est également portée par une partie du personnel.
Au-delà des accusations visant la Direction exécutive, le PCA par intérim estime que cette affaire révèle les difficultés structurelles de gouvernance auxquelles l’ASBEF est confrontée depuis plusieurs années. Il rappelle que les statuts de l’organisation établissent une séparation claire entre les missions du Comité exécutif national, chargé de la gouvernance, et celles de la Direction exécutive, responsable de la gestion opérationnelle.
À ce stade, les accusations formulées contre Mme Myriam Makeba Mingou demeurent contestées. Plusieurs procédures administratives et judiciaires seraient en cours et aucune décision définitive des autorités compétentes n’a, à ce jour, établi les responsabilités des différentes parties.
En conclusion, M. Yoro Oumar Diagne a appelé le Président de la République, M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Premier ministre, M. Ahmadou Al Aminou Lô, le président de l’Assemblée nationale, M. Ousmane Sonko, ainsi que le ministre de tutelle, à intervenir afin de favoriser une résolution rapide de cette crise.
Il a également évoqué les conséquences sociales des licenciements intervenus le 18 août 2025, estimant que ces mesures ont durement affecté de nombreuses familles. Il a enfin plaidé pour une intervention des autorités en vue de restaurer la stabilité institutionnelle, le dialogue social et la confiance au sein de l’ASBEF.













