Espace Afrique

Non-paiement de l’indemnité de logement : l’Intersyndicale de l’Administration déclare la bataille contre l’État

Les tensions sociales montent au sein de la fonction publique. Réunis face à la presse ce jeudi, les syndicats de l’administration sénégalaise ont vigoureusement dénoncé le non-paiement de l’indemnité de logement destinée à 16 000 agents publics, pourtant prévue dans la Loi de finances rectificative (LFR) du 28 juin 2025 et publiée au Journal officiel depuis le 10 juillet 2025.

La rencontre a été présidée par M. Omar Dramé, porte-parole du jour, aux côtés de plusieurs responsables syndicaux dont Mor Diouf, Ndama Thiam, Oumar Niang, entre autres.

L’Intersyndicale regroupe des organisations issues de secteurs clés :

○ Agriculture ; Élevage; Pêche;  Commerce;  Chauffeurs de l’Administration ; Justice (SYTJUST, UNTJ) ; Santé et Action sociale (SDT-3S) ; Administration publique (SDTA, SYNAAP) , Inspection du travail et sécurité sociale (SICTRASS)

Cette large coalition dit être arrivée à un point de rupture face au « silence injustifié » du gouvernement.

Selon les syndicalistes, l’indemnité de logement , évaluée à 1,6 milliard FCFA par mois, soit 8 milliards pour les cinq mois d’arriérés , aurait dû être mise en paiement depuis juillet 2025.

Malgré les courriers adressés au Premier ministre Ousmane Sonko, au ministre de la Fonction publique, au ministre des Finances, et au Haut Conseil du Dialogue Social, aucune réponse formelle n’a été fournie.

« C’est la première fois qu’une disposition inscrite dans une loi de finances rectificative reste non exécutée plusieurs mois après sa promulgation. C’est extrêmement grave », a dénoncé Omar Dramé.

Le porte-parole a également rappelé d’autres engagements non tenus, notamment :

● La généralisation de la prime de prudence des chauffeurs (écarts de 60 000 à 125 000 FCFA selon les ministères)

● La prime d’habillement non harmonisée

● La situation des contractuels et des décisionnaires, pourtant couverts par des décrets récents

● Les engagements du Pacte de Stabilité Sociale signé le 1er mai 2025

« Chaque fois, il faut taper sur la table pour que l’État agisse. C’est inadmissible », a martelé M. Dramé.

L’Intersyndicale a dévoilé un plan d’action en deux phases, destiné à contraindre l’État à appliquer immédiatement la mesure :

■ Mercredi 3 décembre 2025 : Port de brassards rouges ,Dans l’ensemble des 25 ministères concernés, sur tout le territoire.

■ Jeudi 4 et vendredi 5 décembre 2025 : Grève générale renouvelable

Elle concernera :

□ Les syndicats du secteur primaire

□ Le SYTJUST et l’UNTJ

□ Le Syndicat des Chauffeurs de l’Administration

□ Le SDT-3S (Santé & Secteur social)

□ Les autres syndicats devraient rejoindre le mouvement dès l’expiration de leurs préavis.

« Nous allons paralyser l’administration sénégalaise. L’État sera entièrement responsable de tout ce qui adviendra », a averti le porte-parole.

L’Intersyndicale laisse 7 jours au gouvernement pour réagir.

« S’il n’y a aucune mise en solde immédiate, nous n’allons pas reculer. Nous irons jusqu’au bout », a insisté M. Dramé.

Selon lui, seule l’annonce du paiement effectif de l’indemnité de logement pourra éviter la montée en puissance du mouvement.

L’intersyndicale annonce ainsi l’ouverture d’une bataille syndicale qu’elle qualifie de “très rude”, regrettant le manque de considération des autorités et le non-respect des engagements formels inscrits dans les textes de loi.

« Ensemble, unis et déterminés, pour la dignité des travailleurs de l’administration », ont conclu les responsables syndicaux.

Espace Afrique

Moussa DIBA

Add comment

Suivez-nous

Ne ratez rien de l'actualité, suivez-nos différents platforms.