L’Institut Prospective Agricole et Rurale (IPAR), en partenariat avec ACED, le Centre d’Excellence Evidence-Policy-Action (EPA) et le soutien du CRDI ainsi que des fondations Hewlett et Bosch, a organisé un atelier de validation de la feuille de route de l’Evidence-Informed Policy (EIP) au Sénégal. Cette rencontre, consacrée au dialogue national sur les politiques publiques éclairées par les données probantes, a réuni une large diversité d’acteurs : départements ministériels, agences publiques, universitaires, plateformes citoyennes, société civile, médias spécialisés et membres des communautés de pratique nationales EIP.
Cet atelier s’inscrit dans un contexte marqué par des défis croissants en Afrique de l’Ouest : insécurité alimentaire, crise climatique, dégradation des ressources naturelles, faiblesse des services sociaux de base, inégalités de genre, chômage des jeunes et déficit d’informations fiables. Autant de problématiques qui nécessitent des politiques publiques plus cohérentes, inclusives et fondées sur des données fiables.
En ouvrant les travaux, Mme Laur Tall, directrice exécutive de l’IPAR, a insisté sur le caractère décisif de l’EIP dans l’amélioration de la gouvernance :
« Une stratégie pour renforcer la gouvernance publique et orienter les décisions. Mais leur impact dépend d’abord d’une appropriation nationale forte, d’une coordination institutionnelle efficace et d’un financement durable. Lorsque les données deviennent un langage commun et partagé, elles transforment la manière dont le pays planifie et agit. C’est pour cela que nous voulons nous impliquer davantage dans ce travail. »
Elle a également annoncé la présentation prochaine d’un rapport analytique partagé avec les participants, présentant les premiers résultats du travail d’institutionnalisation de l’EIP au Sénégal.
Prenant la parole, Mme Aida Kaboul Ba, commissaire au CRDI, a réaffirmé l’importance stratégique de la démarche :
« Pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) et améliorer les conditions de vie en Afrique, il est impératif de promouvoir des politiques équitables et inclusives basées sur des données probantes. L’initiative Evidence-Informed Policy vise précisément à combler le fossé entre recherche, politiques et action. »
Elle a rappelé l’engagement financier du CRDI, co-financeur aux côtés des fondations Hewlett et Bosch, avec un investissement global de 9,2 millions de dollars canadiens, soit près de 4 milliards de FCFA.
Selon elle, cet engagement est pleinement aligné avec le plan stratégique 2020-2030 du CRDI, qui place l’utilisation des résultats de la recherche comme priorité majeure :
« Nos pays font face à des défis pressants exacerbés par la désinformation et le manque d’information fiable. Pour y faire face, nous devons renforcer l’accès aux données de recherche afin d’assurer des processus décisionnels basés sur les données probantes. »
Elle a souligné l’importance de la collaboration entre chercheurs, décideurs publics et société civile, condition essentielle pour bâtir « une gouvernance plus inclusive, plus efficace et adaptée aux réalités africaines ».
L’atelier s’inscrit dans la dynamique régionale portée par le Centre d’Excellence EPA, visant à :
●renforcer la culture de décision fondée sur les données probantes en Afrique de l’Ouest francophone ;
● organiser des dialogues multi-acteurs et favoriser la collaboration institutionnelle ;
● mettre en place des communautés de pratique (CoP) pour stimuler l’action collective ;
● élaborer et valider des feuilles de route nationales pour l’institutionnalisation de l’EIP ;
● mobiliser les acteurs autour des priorités de développement durable.
À l’issue des travaux, plusieurs livrables clés sont attendus :
■ Une feuille de route nationale EIP validée, comprenant :
□ un plan d’action à court terme,
□《 des priorités thématiques et institutionnelles.
■ Un rapport d’atelier incluant :
□ une synthèse des débats,
□ des recommandations thématiques,
□ des perspectives d’action collective.
■ Des fiches de capitalisation pour chaque groupe thématique mobilisé.
Les participants ont salué la démarche engagée par IPAR, ACED et les partenaires, considérée comme un levier clé pour :
■optimiser la production et l’utilisation des données,
■renforcer la crédibilité des décisions publiques,
■améliorer l’allocation des ressources,
■mesurer les impacts et ajuster les interventions,
■réduire les inégalités sociales et territoriales,
■promouvoir des innovations adaptées au contexte sénégalais.
Mme Aida Kaboul Ba a conclu en exprimant l’espoir que les recommandations issues de l’atelier contribueront à bâtir un environnement favorable à des politiques publiques plus souveraines, innovantes et capables de transformer durablement les sociétés africaines.
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