L’Ambassade de la Fédération de Russie au Sénégal a organisé, à la Médiathèque Innopraktika de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, une cérémonie solennelle de remise de diplômes aux étudiants ayant achevé le programme éducatif consacré à la langue et à la littérature russes. L’événement, marqué par une forte affluence, s’est déroulé en présence de SEM Dmitry Kourakov, ambassadeur de Russie au Sénégal, de SE Mme Diana Klespatskaya, consule de l’Ambassade, du représentant de la compagnie russe Art-Podgotovka, Alexey Levedev, ainsi que du professeur Abdourahmane Diallo, chef du Département de langues et civilisations slaves de l’UCAD.
Dans son allocution, l’ambassadeur Dmitry Kourakov a rappelé l’importance de cette cérémonie qui coïncide avec le premier anniversaire de la Médiathèque Innopraktika, qualifiée de « centre d’excellence » au sein de l’UCAD.
Il a souligné le renouveau de la coopération éducative entre la Russie et l’Afrique, après une période de retrait post-soviétique :
« À partir des années 2000, et surtout depuis le premier sommet Russie-Afrique en 2019, la Russie a décidé de revenir en Afrique. Nous œuvrons pour rendre la langue russe plus visible, soutenir les 50 lycées qui l’enseignent et renforcer les programmes de formation, notamment pour les enseignants »
L’ambassadeur a également mis en avant l’effort croissant de la Russie pour accorder des bourses aux étudiants sénégalais :
« En 2020, il n’y avait que 30 bourses. Cette année, nous en avons attribué 150, et nous espérons augmenter ce nombre. »
Il est revenu sur l’histoire singulière du russe au Sénégal, rappelant que Léopold Sédar Senghor fut l’un des plus ardents défenseurs de son introduction dans les lycées :
« Senghor disait que tout Sénégalais éduqué devrait pouvoir lire Alexandre Pouchkine dans sa langue : le russe. »
Le professeur Abdourahmane Diallo a, de son côté, retracé le parcours du département de langue russe créé en 2000 et devenu un pôle académique majeur au Sénégal.
Il a rappelé que la langue russe y est enseignée en continu depuis sa création, portée par des promotions de professeurs eux-mêmes formés en Russie :
« Toutes les langues du monde se valent. Ce ne sont pas les sons qui font les peuples, mais le contenu que l’on partage. La langue russe a une place particulière dans notre pays grâce à la vision de Senghor. »
Il a également souligné que l’étude d’une langue n’est pas une affaire d’idéologie, mais d’ouverture intellectuelle, évoquant l’histoire d’Abraham Hannibal, ancêtre africain du grand poète russe Alexandre Pouchkine :
« Pushkine revendiquait fièrement son ascendance africaine. Si lui pouvait se réclamer de l’Afrique, nous devons être capables, nous aussi, de rechercher les traces africaines qui ont façonné le monde. »
Pour le professeur Diallo comme pour l’ambassadeur Kourakov, la culture et l’éducation constituent les bases les plus solides pour développer la coopération entre la Russie et le Sénégal.
« Ce partenariat permet aux étudiants sénégalais de découvrir un autre univers scientifique et culturel », a souligné M. Diallo.
De son côté, l’ambassadeur a insisté sur la dimension humaine de ces échanges :
« L’éducation et la culture donnent aux peuples la possibilité de mieux se connaître. C’est le socle d’une coopération durable. »
Fort de plus de cinquante établissements secondaires et de l’UCAD qui enseignent le russe, le Sénégal apparaît comme l’un des pays africains où la langue russe possède l’histoire la plus ancrée.
Les autorités russes se disent déterminées à accompagner cet héritage à travers :
● l’augmentation des bourses d’études,
● le renforcement de la formation des enseignants,
● la mise à disposition d’ouvrages et de ressources pédagogiques,
● l’appui aux activités du département de russe et de la Médiathèque Innopraktika.
La cérémonie s’est conclue par la remise des diplômes aux étudiants, dans une ambiance chaleureuse célébrant l’amitié et la coopération entre les deux peuples.
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