D’entrée, le leader de la CDS a rejeté l’idée d’une rupture bénéfique, affirmant que « le Sénégal, loin d’avoir été relevé, a été fragilisé », dénonçant une gouvernance marquée, selon lui, par « l’improvisation » et « la conflictualité permanente ».
Dans une analyse structurée, la CDS a décliné sept axes majeurs de dégradation.
Sur le plan financier, Nicolas Ndiaye pointe une perte de crédibilité de l’État, marquée par une détérioration des relations avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds Monétaire International, ainsi qu’une absence de stratégie économique lisible.
Au niveau économique, il dénonce des décisions jugées arbitraires, en particulier dans les secteurs du BTP et de l’arachide, avec des mesures « incohérentes » qui auraient fragilisé la production nationale et plongé certains acteurs dans l’incertitude.
La situation sociale n’est pas épargnée. La CDS évoque des licenciements massifs, des tensions dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi qu’une gestion des revendications sociales qualifiée de répressive.
Concernant la justice, le président de la CDS parle d’une institution « dévoyée », dénonçant des détentions prolongées suivies de relaxes, qu’il interprète comme le signe de failles graves et d’une instrumentalisation.
Sur le plan diplomatique, Nicolas Ndiaye estime que le Sénégal connaît un recul de son influence internationale, évoquant un « effacement progressif » sur la scène africaine et mondiale.
Il ajoute à cela une décadence institutionnelle, marquée par une confusion des rôles au sommet de l’État et une focalisation prématurée sur les échéances électorales de 2029.
Enfin, il alerte sur une décadence morale et intellectuelle, caractérisée par une dégradation du débat public et une banalisation des invectives dans l’espace politique.
Abordant la diplomatie, Nicolas Ndiaye a vivement critiqué la position des autorités concernant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies.
Il a jugé « incompréhensible » le refus de soutien, estimant que cette décision va à l’encontre des intérêts du continent africain. Il a également souligné l’absence de condamnation judiciaire contre l’ancien chef de l’État, malgré les accusations évoquées dans le débat public.
Au-delà du diagnostic, la CDS appelle à une recomposition du champ politique. Elle plaide pour l’unité des forces démocratiques et républicaines, en vue de construire une alternative crédible.
« Il ne suffit pas de constater, il faut agir », a insisté Nicolas Ndiaye, appelant à une mobilisation en perspective des prochaines échéances électorales.
En conclusion, la CDS met en garde contre une « lente dégradation » du pays, qu’elle juge plus insidieuse qu’une crise brutale.
Refusant « toute fatalité », Nicolas Ndiaye a lancé un appel solennel à un « sursaut national », estimant que le Sénégal doit renouer avec « la stabilité, la rigueur et l’excellence ».
Moussa Diba










