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Affaire ASER – AEE Power : Jean-Michel Sène contre-attaque et dénonce des “attaques orchestrées”

Le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène, a fait face à la presse ce mercredi dans un contexte de vives polémiques autour du contrat liant l’ASER à la société espagnole AEE Power. Cette sortie médiatique, placée sous le sceau de la transparence, s’est rapidement transformée en une riposte ferme contre ses détracteurs.

D’emblée, le patron de l’ASER a dénoncé ce qu’il qualifie de campagnes de déstabilisation ciblées contre son institution. « Certains journalistes sont payés pour s’attaquer à l’ASER », a-t-il affirmé, évoquant des manœuvres orchestrées dont il dit connaître les commanditaires, sans toutefois en révéler l’identité.

Au cours de cette conférence de presse, Jean-Michel Sène n’a pas hésité à citer nommément Thierno Alassane Sall, qu’il accuse de relayer des informations « infondées ».

Le Directeur général de l’ASER a également évoqué des liens présumés entre ce dernier et Saïdou Kane, affirmant que « personne ne peut les délier ». Dans la foulée, il a avancé des accusations lourdes, faisant état de 65 milliards de FCFA encaissés pour seulement 16 milliards réalisés, s’interrogeant sur la destination des 49 milliards restants.

« Qu’il cite un seul franc détourné par moi, et on verra », a-t-il lancé, défiant publiquement toute preuve de malversation à son encontre.

Au-delà du dossier AEE Power, le nom de Saïdou Kane revient avec insistance dans plusieurs affaires impliquant des projets publics d’envergure, notamment dans les secteurs de l’agriculture, du numérique et de l’énergie

Selon des éléments évoqués dans le débat public, un schéma récurrent se dessinerait :
● des projets portés par l’État
● des financements structurés avec la banque espagnole Banco Santander
● l’intervention d’entreprises étrangères
● et la présence d’intermédiaires locaux dans l’exécution.

Des dossiers comme Intermaq (tracteurs agricoles) et SENUM (projets numériques) auraient mis en évidence des irrégularités présumées, notamment :
■ des paiements sans respect des procédures
■ du matériel non livré
■ et des flux financiers peu traçables

Dans le cadre du contrat avec AEE Power, des accusations font état de factures présumées falsifiées impliquant certaines structures publiques. Ces pratiques auraient conduit à une rupture de collaboration avec la société espagnole, alimentant la controverse actuelle.

Malgré la virulence des attaques, Jean-Michel Sène se veut serein. Revenant sur les relations entre l’ASER et les médias, il affirme que son institution a déjà fait face à de nombreuses critiques ces dernières années.

« Depuis 2021, nous avons tout enduré. Aujourd’hui, nous ne sommes plus ébranlés », a-t-il déclaré, assurant que l’ASER poursuivra ses missions malgré les polémiques.

La récurrence de la banque Banco Santander dans plusieurs projets d’envergure soulève des interrogations sur les mécanismes de financement et de sélection des partenaires.

En clôturant son intervention, le Directeur général de l’ASER a évoqué un montant de 7,7 milliards de FCFA d’avance non récupérés, sans apporter de précisions supplémentaires.

Entre accusations croisées, soupçons de détournements et enjeux de gouvernance, l’affaire ASER – AEE Power s’impose comme un dossier sensible qui relance le débat sur la transparence dans la gestion des projets publics au Sénégal.

Dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de reddition des comptes sont de plus en plus fortes, cette affaire pourrait connaître de nouveaux développements dans les semaines à venir.

Moussa Diba

Espaceafrique.net

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