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Gouvernance du secteur extractif : le Sénégal mise sur la transparence et la souveraineté pour transformer ses ressources naturelles

À l’heure où le Sénégal est devenu producteur de pétrole et de gaz avec les projets Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA), le forum ambitionne d’identifier les meilleures stratégies pour faire des ressources minières, pétrolières et gazières un véritable levier de transformation économique, de justice sociale et de développement durable, dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la montée en puissance des minéraux critiques.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a affirmé que le Sénégal se trouve à un tournant historique de son développement. Selon lui, le pays ne peut plus se limiter à administrer ses ressources naturelles, mais doit désormais décider de la manière dont elles serviront les intérêts des populations.

« Nous sommes désormais un pays producteur de pétrole et de gaz. Nos ressources naturelles doivent être un levier de souveraineté, de transformation économique et de justice sociale », a déclaré le ministre, estimant que ce forum devait constituer « un moment de vérité » sur la capacité du Sénégal à transformer les revenus extractifs en développement concret, à protéger l’environnement et les communautés, tout en renforçant la transparence et la redevabilité.

Le ministre a insisté sur le caractère transversal de la gouvernance du secteur extractif, soulignant que celle-ci ne concerne pas uniquement les hydrocarbures ou les mines, mais également les finances publiques, l’environnement, la pêche, les collectivités territoriales, l’industrie, l’économie maritime et les communautés locales.

Pour Dr Abdourahmane Diouf, la gouvernance extractive est avant tout une question de souveraineté nationale. Elle implique de connaître précisément les ressources du pays, les volumes produits, les revenus générés, leur affectation ainsi que les impacts économiques, sociaux et environnementaux des projets extractifs.

Il a rappelé que le Sénégal devait éviter deux pièges : croire que les ressources naturelles produisent automatiquement la richesse et opposer développement économique et transition écologique. Selon lui, le pays doit simultanément produire, protéger l’environnement et transformer localement ses ressources afin d’assurer une prospérité durable.

Le ministre a également présenté les quatre principes qui guideront désormais l’action gouvernementale : la souveraineté nationale, la transparence, la responsabilité environnementale et des résultats concrets pour les populations. Il a enfin appelé les participants à formuler des recommandations opérationnelles sur la gestion des revenus extractifs, le contenu local, la valorisation industrielle du gaz et des ressources minières, la réduction des émissions de méthane, la coexistence entre les activités pétrolières et la pêche ainsi que le financement de la transition énergétique.

Intervenant à son tour, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Mme Amy Mara, a rappelé que l’exploitation des hydrocarbures offshore devait impérativement préserver les ressources halieutiques et les moyens de subsistance des communautés côtières.

Elle a souligné que cette nouvelle phase du développement économique sénégalais devait rester conforme à la Vision Sénégal 2050, qui place la souveraineté économique, la durabilité environnementale et l’inclusion sociale au cœur des politiques publiques.

La ministre a insisté sur l’importance stratégique de l’économie bleue, rappelant que le secteur de la pêche demeure un pilier de la sécurité alimentaire, de l’emploi et du développement des territoires côtiers. Elle a également présenté les principaux axes de la Lettre de politique sectorielle des pêches 2025-2029, fondés sur la gestion durable des ressources halieutiques, la modernisation des chaînes de valeur, la résilience face au changement climatique, la protection des écosystèmes marins ainsi que la promotion de l’investissement et de l’innovation.

Le directeur adjoint Afrique du Natural Resource Governance Institute (NRGI), Ibrahima Aidara, a, pour sa part, salué l’entrée du Sénégal dans l’ère de la production pétrolière et gazière tout en rappelant que cette nouvelle étape s’accompagnait de responsabilités majeures.

Selon lui, le contexte international, marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés énergétiques, les exigences climatiques et la compétition autour des minéraux critiques, impose une gouvernance exemplaire des ressources naturelles.

Il a rappelé que les richesses naturelles ne garantissent pas automatiquement le développement et que seule la qualité des institutions, la transparence, la participation citoyenne et la redevabilité permettent de transformer ces ressources en prospérité durable.

Ibrahima Aidara a également souligné que cette édition revêtait une dimension particulière pour le NRGI, qui célèbre vingt ans d’engagement international en faveur d’une meilleure gouvernance des ressources naturelles ainsi que cinq années de présence au Sénégal.

De son côté, le président du Comité national ITIE Sénégal, Thialy Faye, a estimé que le Sénégal disposait d’une opportunité historique grâce à la combinaison de ses ressources minières, pétrolières et gazières.

Selon lui, la transition énergétique mondiale redessine les équilibres économiques et place désormais les minéraux critiques au cœur des stratégies industrielles internationales.

Il a rappelé que le pétrole et le gaz demeurent indispensables à court et moyen terme pour la sécurité énergétique mondiale, tout en soulignant que la véritable question réside dans la capacité du Sénégal à gérer ces ressources de manière responsable afin de financer sa propre transition énergétique.

Le président du CN-ITIE a également mis en avant les missions de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, notamment la publication des contrats, des paiements effectués par les entreprises, des revenus perçus par l’État, des bénéficiaires effectifs des sociétés extractives ainsi que le suivi des impacts environnementaux et sociaux des projets.

Durant deux jours, les participants débattront de plusieurs thématiques majeures, notamment la gouvernance des revenus pétroliers et gaziers, les minéraux critiques, le contenu local, les émissions de méthane, la valorisation industrielle des ressources nationales, la protection des communautés, la transparence, la redevabilité et le financement de la transition énergétique.

À travers cette troisième édition du Forum national sur la gouvernance du secteur extractif, le gouvernement sénégalais réaffirme son ambition de faire des ressources naturelles un moteur de souveraineté, d’industrialisation, de prospérité partagée et de développement durable, conformément aux orientations de la Vision Sénégal 2050.

Moussa Diba

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