
L’Italie, pays invité d’honneur de cette édition, a marqué sa présence à travers une importante délégation économique et institutionnelle, illustrant le renforcement des partenariats énergétiques entre Dakar et Rome.
La cérémonie officielle a été présidée par Monsieur Cheikh NIANE, Secrétaire général du Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, représentant le ministre Monsieur Birame Souleye Diop.
Dans son allocution, Monsieur Cheikh NIANE a insisté sur l’importance stratégique des ressources énergétiques dans les politiques de souveraineté économique et de transformation industrielle des États africains.
« L’Afrique est appelée à définir, avec lucidité et responsabilité, sa propre trajectoire énergétique », a-t-il déclaré, rappelant que le continent reste confronté à un déficit énergétique majeur malgré son immense potentiel en hydrocarbures, ressources minières et énergies renouvelables.
Le Secrétaire général a souligné que le Sénégal est désormais entré dans une nouvelle ère avec le démarrage de la production pétrolière du champ de Sangomar et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), ouvrant ainsi des perspectives importantes en matière d’industrialisation, de production électrique, d’emplois et de contenu local.
Selon lui, le véritable défi ne réside pas uniquement dans l’exploitation des ressources, mais surtout dans leur gouvernance stratégique et leur capacité à générer une valeur ajoutée nationale durable.
Il a également rappelé l’engagement du Sénégal en faveur de la transparence à travers l’ITIE et le rôle central du COS-PETROGAZ dans le pilotage du secteur extractif.
Abordant la transition énergétique, Monsieur Cheikh NIANE a indiqué que le Sénégal mise sur un mix énergétique équilibré, combinant gaz naturel et énergies renouvelables afin de garantir un accès universel à une électricité fiable, abordable et compatible avec les engagements climatiques.
Il a enfin salué la présence de l’Italie comme pays invité d’honneur, mettant en avant les opportunités de coopération dans les domaines des investissements, du transfert de technologies, de la formation et du développement industriel.
Prenant à son tour la parole, Monsieur Mohamed Seck, président de l’ASDEA, a affirmé que l’Afrique se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire énergétique.
Selon lui, les ressources extractives africaines ne doivent plus être uniquement des matières premières exportées à l’état brut, mais de véritables leviers d’industrialisation, de création d’emplois, de transfert de compétences et d’intégration régionale.
Il a rappelé que le SIEPA constitue une plateforme de dialogue destinée à réfléchir aux grands défis du continent, notamment la gouvernance des ressources naturelles, la transparence, la transition énergétique, l’accès universel à l’énergie, le financement des infrastructures et la formation des compétences africaines.
Monsieur Mohamed Seck a également rendu un vibrant hommage à feu Pape Bocar Junior, ancien acteur de la communication institutionnelle du ministère, saluant son professionnalisme et son engagement dans l’organisation des précédentes éditions du salon.
Le président de l’ADEA, Monsieur Jean-Pierre Favennec, a pour sa part dressé un état des lieux de la situation énergétique mondiale. Il a souligné que la consommation d’énergie continue d’augmenter partout dans le monde, y compris en Afrique, où les besoins demeurent considérables pour soutenir le développement économique et améliorer les conditions de vie des populations.
Il a estimé que, malgré les débats sur la transition énergétique, les énergies fossiles restent encore indispensables au développement africain, rappelant que le continent ne représente qu’environ 3 % des émissions mondiales de CO₂.
Pour lui, le gaz naturel constitue une ressource essentielle pour accompagner le développement énergétique de l’Afrique de l’Ouest, notamment à travers les projets gaziers en cours au Sénégal et dans la sous-région.
Jean-Pierre Favennec a également évoqué les tensions géopolitiques internationales et leurs impacts potentiels sur les marchés énergétiques mondiaux, notamment les risques liés à la fermeture du détroit d’Ormuz.
Il a enfin rendu hommage à Idrissa Bodian, figure historique du SIEPA disparue il y a quelques années, saluant son rôle majeur dans la création et le développement du salon depuis 2002.
Le représentant de la délégation italienne et président de la Chambre de Commerce Italie-Sénégal-Afrique de l’Ouest (CISAO) a quant à lui insisté sur la nécessité de bâtir une coopération énergétique fondée sur le développement humain, les technologies et le partage équitable des ressources naturelles.
Il a souligné que l’Afrique dispose d’atouts considérables dans les énergies renouvelables, notamment le solaire, l’hydroélectricité et les ressources naturelles stratégiques.
Selon lui, la transition énergétique représente une opportunité historique pour créer des emplois durables, favoriser l’accès à l’électricité et renforcer le développement inclusif.
Le responsable italien a également mis en avant l’importance du transfert de technologies et des partenariats industriels entre l’Italie et le Sénégal, saluant les nouvelles initiatives italiennes de financement et d’investissement en Afrique.
Il a rappelé que les relations économiques entre les deux pays contribuent également au rapprochement culturel et humain, tout en favorisant la création d’entreprises locales et le développement de projets structurants.
Durant ces deux journées, les participants du SIEPA 2026 échangeront autour de plusieurs thématiques majeures : contrats extractifs, financement des projets énergétiques, contenu local, aval pétrolier et gazier, énergies renouvelables, formation, transition énergétique et coopération régionale.
Cette 23ᵉ édition du SIEPA confirme ainsi la volonté du Sénégal et de ses partenaires africains et internationaux de faire des ressources extractives un moteur de souveraineté énergétique, de croissance inclusive et de transformation économique durable pour le continent africain.










