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Licenciement des 91 travailleurs de SAIPEM : le collectif ravive un combat judiciaire de dix ans

Face aux médias, le coordonnateur du collectif, Abdou Diédhiou, est revenu sur les faits ayant conduit à la rupture des contrats en 2016. Selon lui, 91 travailleurs sénégalais ont été licenciés sans motif réel ni sérieux et sans indemnités, en violation des dispositions du Code du travail.

Des éléments déjà soulevés dans plusieurs sorties médiatiques, où les ex-employés affirment avoir reçu des lettres évoquant simplement une fin de besoin en services, sans compensation financière

Le collectif rappelle que ces travailleurs étaient liés à Saipem depuis le rachat, en 2002, de Bouygues Offshore, avec l’implication de la société de recrutement Global Petroprojects Services.

Les membres du collectif ont soulevé plusieurs interrogations, notamment sur l’existence juridique de Global Petroprojects Services au moment des licenciements.

Ils s’interrogent également sur la gestion d’éventuelles actions détenues par des travailleurs sénégalais lors du rachat de 2002, évoquant un épisode resté inexpliqué.

Par ailleurs, les ex-employés dénoncent des pratiques qu’ils jugent récurrentes chez la multinationale, rappelant que celle-ci aurait déjà été condamnée dans d’autres juridictions pour des faits similaires.

Depuis 2017, les travailleurs ont multiplié les recours devant les juridictions sénégalaises. Toutefois, leurs démarches se sont soldées par des décisions défavorables ou jugées contradictoires :
● Le Tribunal du travail a initialement débouté les requérants pour des raisons de procédure ;
● Une autre décision a estimé que la preuve de la relation de travail n’était pas établie, malgré des documents fournis ;
● En 2021, la Cour d’appel a reconnu un contrat à durée indéterminée pour 19 travailleurs, avant de déclarer leur action irrecevable ;
● Cette position a été confirmée par la Cour suprême en 2022, puis en 2023 par le rejet du pourvoi en cassation.

Le collectif conteste ces décisions, estimant qu’elles ignorent des preuves matérielles, notamment des certificats de travail et lettres de licenciement datés de 2016.

Au-delà des responsabilités des entreprises, les travailleurs ont également pointé le rôle de certains acteurs institutionnels et partenaires, notamment Socopao, filiale du groupe Bolloré, impliquée dans la gestion administrative durant plusieurs années.

Le collectif appelle aujourd’hui les autorités sénégalaises à diligenter des enquêtes approfondies sur ce dossier et à faire toute la lumière sur les conditions du rachat de 2002 ainsi que sur les décisions judiciaires rendues.

Dix ans après les faits, les 91 travailleurs affirment rester déterminés à obtenir réparation. Ils demandent à l’État de garantir la protection des travailleurs face aux multinationales et d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.

« Nous voulons simplement rentrer dans nos droits », a conclu Abdou Diédhiou, réaffirmant l’engagement du collectif à poursuivre le combat jusqu’à l’obtention d’une issue jugée équitable.

Espace afrique

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