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Restitution du patrimoine africain : Felwine Sarr appelle à réparer l’histoire par la mémoire et la réappropriation

Co-auteur du rapport de référence de 2018 sur la restitution du patrimoine culturel africain, Felwine Sarr a expliqué que la réflexion sur la restitution commence par une meilleure compréhension de l’histoire des œuvres, des circonstances de leur spoliation pendant la période coloniale et de leur signification pour les peuples africains.

« La restitution pose plusieurs questions essentielles : pourquoi ces objets ont-ils été déplacés, que représente leur retour pour les nations africaines et quel usage voulons-nous en faire une fois qu’ils seront de nouveau sur le continent ? », a-t-il indiqué.

Selon lui, le retour de ces biens culturels permettra aux nouvelles générations de renouer avec une partie de leur histoire et de reconstruire un lien vivant avec leur patrimoine. Il a précisé que les opérations de restitution sont réalisées selon des normes scientifiques rigoureuses, grâce au travail conjoint des conservateurs et spécialistes des musées africains et européens.

Évoquant le retour des trésors royaux d’Abomey au Bénin en 2021, il a rappelé que cette restitution avait été accompagnée d’un important dispositif de conservation afin d’assurer le transfert des œuvres dans les meilleures conditions.
Intervenant à son tour, , directeur exécutif de TrustAfrica, a souligné que cette rencontre s’inscrit dans une série de conférences destinées à approfondir les débats sur les restitutions, les réparations et la justice historique.

Il a estimé que les travaux de Felwine Sarr ont joué un rôle déterminant dans l’évolution des discussions internationales sur cette question, désormais au cœur des préoccupations de nombreux États et organisations internationales.

Pour Ebrima Sall, les biens culturels africains conservés dans des musées étrangers représentent bien plus que des objets d’exposition. « Ils constituent une part essentielle de notre héritage, de notre mémoire et de notre identité collective », a-t-il affirmé, estimant que leur restitution participe d’un processus plus global de réparation des injustices héritées de la colonisation.

Le directeur exécutif de TrustAfrica a également insisté sur la nécessité de replacer ces œuvres dans leur contexte historique et culturel afin qu’elles contribuent à l’éducation, à la recherche et au renforcement de la conscience historique des sociétés africaines.

Au-delà de la restitution des objets, a-t-il conclu, l’enjeu est de construire des relations internationales plus justes et plus équilibrées, tout en permettant aux peuples africains de retrouver la pleine maîtrise de leur patrimoine culturel et de leur mémoire.

À travers cette conférence, TrustAfrica et le Département d’Histoire de l’UCAD ont réaffirmé leur engagement à promouvoir une réflexion scientifique et citoyenne sur les enjeux de la restitution du patrimoine africain, considérée aujourd’hui comme un élément majeur de la réparation historique et de la renaissance culturelle du continent.

Moussa Diba

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