La Jonction des luttes Section SAMES et Sous-section SUTSAS de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) a fait face à la presse ce vendredi 26 décembre 2025, pour alerter l’opinion publique sur ce qu’elle qualifie de dérives graves dans la gouvernance de l’institution.
Selon le porte-parole du jour, cette jonction est née de la volonté des agents de l’ARP d’unir leurs forces afin de lutter contre « l’injustice et la mauvaise gouvernance » qui, d’après eux, gangrènent l’agence depuis plus d’une année.
Les syndicats ont rappelé que le Sénégal est devenu, en juillet 2024, le premier pays africain francophone et le sixième du continent à atteindre le Niveau de Maturité 3 (NM3) en matière de réglementation pharmaceutique, une performance saluée à l’échelle africaine et internationale. Un acquis stratégique qui, selon eux, est aujourd’hui sérieusement menacé.
Dans leur déclaration, les agents dénoncent notamment des mutations et affectations jugées arbitraires de cadres ayant fortement contribué à l’atteinte du NM3, des recrutements massifs à caractère clientéliste, ainsi que des nominations de profils inadaptés aux postes occupés.
Ils pointent également des révisions unilatérales de contrats, accompagnées de baisses de salaires et de pressions pour signer des avenants dans des délais très courts, sous peine de licenciement. À l’inverse, certaines augmentations de rémunération, sans fondement réglementaire, auraient été accordées à d’autres agents.
La Jonction des luttes dénonce par ailleurs l’instrumentalisation du service des ressources humaines comme moyen de répression et d’intimidation, ainsi que l’ingérence de la Direction générale dans le fonctionnement des organes représentatifs du personnel.
Au-delà des problèmes de gouvernance, les syndicats ont évoqué des soupçons graves de substitution et de trafic de médicaments et d’autres produits de santé, qui impliqueraient des agents au sein même de l’ARP. Des allégations qu’ils jugent suffisamment sérieuses pour saisir les autorités compétentes.
Selon leurs explications, le Directeur général de l’ARP, le Ministre de la Santé et le Premier ministre ont été saisis, sans qu’une réponse satisfaisante n’ait été apportée. Face à ce silence, la Jonction des luttes affirme avoir décidé de saisir le Procureur de la République ainsi que l’OFNAC, afin de demander l’ouverture d’enquêtes indépendantes.
Les syndicats expliquent avoir longtemps fait preuve de retenue afin de préserver l’image et la crédibilité de l’ARP. Toutefois, l’affaire Softcare, récemment rendue publique, a, selon eux, porté un coup sévère à la réputation de l’institution et les a contraints à prendre la parole.
Pour la Jonction des luttes, cette affaire ne constitue pas un fait isolé, mais s’inscrit dans un contexte plus large de dysfonctionnements, posant la question de la gouvernance actuelle de l’agence.
En conclusion, les agents appellent les autorités étatiques à assumer pleinement leurs responsabilités, afin de restaurer l’ARP dans son rôle d’autorité de réglementation pharmaceutique crédible, respectée dans la sous-région, l’espace francophone et à l’échelle internationale.
Un premier jalon de mobilisation vient ainsi d’être posé. La Jonction des luttes annonce qu’une évaluation sera faite, avant la mise en œuvre d’un nouveau plan d’action, appelant l’ensemble des agents à rester unis et mobilisés autour des mots d’ordre syndicaux.
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