La 25e édition du Festival Image et Vie s’est ouverte à Dakar du 14 au 18 novembre 2025 ,dans une ambiance festive, marquée par la sortie sénégalaise du film burkinabé Katanga : la Danse des Scorpions de Dani Kouyaté. L’événement se poursuit ensuite dans cinq régions du Sénégal, du 23 novembre au 3 décembre 2025, illustrant pleinement le thème retenu cette année : « Mobilité culturelle ».
La cérémonie d’ouverture a réuni d’éminentes personnalités du monde de la culture, parmi lesquelles Moustapha Niang, directeur du festival, Cheikh Oumar Cissokho, invité d’honneur, ainsi que Mme Nongana Valérie, chargée des affaires culturelles de l’ambassade du Burkina Faso au Sénégal. De nombreux artistes, cinéastes, journalistes et partenaires culturels étaient également présents.
Récompensé par le prestigieux Étalon d’or de Yennenga au FESPACO 2025, puis célébré aux African Movie Academy Awards (AMAA), Katanga, la danse des scorpions s’impose comme l’un des films africains majeurs de l’année. Ce film sort en salle au Sénégal a partir de ce vendredi 14 novembre 2025, était très attendue par le public, les critiques et les professionnels du cinéma.
Entièrement tourné au Burkina Faso, en noir et blanc et en langue mooré, le film marque un retour profond à l’esthétique du conte africain, à la tradition orale et aux récits fondateurs. Dani Kouyaté y revisite de façon audacieuse la tragédie Macbeth de William Shakespeare, transposée dans un univers africain où s’entremêlent pouvoir, destin, violence, spiritualité et contradictions sociales.
Le long métrage réunit trois grandes figures du cinéma burkinabé :
● Rasmané Ouédraogo
● Ildevert Méda
● Justin Ouida
Leur jeu, intense et habité, confère au film une profondeur dramatique remarquable. Katanga a déjà conquis les publics du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Togo et de la Guinée. Une présentation est prévue au Kenya en décembre 2025, confirmant son rayonnement continental.
L’histoire suit Katanga, nommé chef des armées après l’échec d’un complot contre le roi Pazoukna. Troublé par le poids de cette responsabilité, il consulte un devin. La prophétie tombe comme une sentence : Katanga deviendra roi à la place de son cousin , ou mourra en tentant de déjouer un futur complot.
« Des scorpions dansent dans ma tête et me chatouillent le cerveau », murmure-t-il, déjà consumé par la tension entre loyauté et ambition.
Le choix esthétique du noir et blanc rapproche le film des cosmologies africaines, où visible et invisible dialoguent sans cesse. L’œuvre rappelle combien Shakespeare, avec ses tragédies du pouvoir et du destin, trouve une résonance naturelle dans les imaginaires du continent.
Dans son discours d’ouverture, Moustapha Niang, directeur du festival, a salué un « quart de siècle d’engagement au service du cinéma, de la jeunesse et du dialogue interculturel ». Il a annoncé :
■ 29 films projetés à Dakar, en salle et en plein air ;
■ un atelier dédié aux jeunes sur l’intelligence artificielle et le cinéma ;
■ une rencontre professionnelle sur l’environnement du cinéma sénégalais et la prise en charge sanitaire des acteurs culturels ;
■ une tournée régionale dans cinq régions du Sénégal du 23 novembre au 3 décembre.
Il a également exprimé sa gratitude aux partenaires, au public fidèle et au groupe Image et Vie, dont un Livre blanc sera présenté lors de la clôture.
Invité d’honneur de cette édition, le réalisateur et cinéaste malien Cheikh Oumar Cissokho a livré un discours sincère et puissant. Malgré un récent accident, il a tenu à être présent, affirmant :
« Il faut être un grand esprit pour revisiter une histoire aussi profonde. Le cinéma nous aide à comprendre notre réalité sociale et à prendre notre destin en main. »
Il a rappelé l’importance de la mémoire historique, des luttes anticoloniales, du rôle des pionniers du cinéma africain, et a appelé la jeunesse à l’ambition et à la persévérance :
« Je vois beaucoup de jeunes, beaucoup de femmes. L’avenir est à vous. Soyez ambitieux, préparez l’avenir de ce continent. »
Prenant la parole au nom de l’ambassade du Burkina Faso, Mme Nongana Valérie chargée des affaires culturelles de l’ambassade de Burkina Faso au Sénégal a salué le choix d’un film burkinabé pour ouvrir cette 25e édition, y voyant un geste symbolique fort :
« Ce film honore une tradition de résistance, de créativité et de dignité. Il rappelle que le cinéma n’est pas seulement un art, mais un langage universel qui relie les peuples. »
Elle a remercié les organisateurs pour avoir placé le Burkina Faso à l’honneur et a souligné les liens profonds et historiques entre les cinémas sénégalais et burkinabé.
Produit notamment par la cinéaste sénégalaise Angèle Gabon, Katanga, la danse des scorpions s’inscrit déjà parmi les grandes œuvres du renouveau du cinéma africain.
Sa sortie au Sénégal et son choix en ouverture du Festival Image et Vie renforcent son statut de film majeur de 2025.
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