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L’UPF-Sénégal ouvre le débat sur l’intelligence artificielle et son impact sur les médias

La Section sénégalaise de l’Union de la Presse Francophone (UPF) a organisé, ce samedi 15 novembre 2025 , une rencontre de haut niveau consacrée au thème : « L’intelligence artificielle et son impact sur les médias ».

Présidée par Mme Adama Diouf LY, journaliste et présidente de l’UPF-Sénégal, la rencontre a réuni des personnalités du monde des médias et de l’enseignement, dont M. Mademba Ndiaye, le professeur Mamadou Ndiaye, directeur général du CESTI, M. Amadou Tidiane Ly, directeur général de E-Jcom, ainsi qu’un large public de journalistes et de professionnels de la communication.

Dans son allocution d’ouverture, Mme Adama Diouf LY  a rappelé l’importance de cette réflexion, tenue en prélude aux Assises de l’UPF prévues en décembre à Libreville, qui porteront sur la même thématique.

Elle a insisté sur la nécessité, pour les journalistes, de s’approprier l’intelligence artificielle sans la subir :

« L’intelligence artificielle exerce un impact incontestable sur notre quotidien, et particulièrement sur l’exercice du métier de journaliste. Avec les nouveaux outils, il est désormais possible de collecter, transcrire, résumer, et même rédiger un article. »

Face à cette réalité, elle a posé une série de questions fondamentales :

● Les journalistes doivent-ils craindre l’IA ?

● Doivent-ils l’intégrer dans leur pratique quotidienne ?

● Comment en comprendre et en maîtriser les impacts sur le métier ?

Pour Mme Adama Diouf LY, l’IA ne doit pas remplacer la valeur ajoutée essentielle du journaliste, à savoir : l’analyse, la contextualisation, la sensibilité, l’esprit critique et le travail de terrain.

« L’IA doit rester au service du journaliste, et non l’inverse. Elle peut faciliter le travail, mais ne peut remplacer la rigueur, l’éthique et le regard humain. »

Elle a également rappelé que ce n’est pas la première fois que la profession s’interroge sur ce sujet, lequel avait déjà été abordé lors du Salon international des médias en Afrique, tenu à la Maison de la Presse Babacar Touré.

La présidente de l’UPF-Sénégal a souligné que l’évolution rapide des outils numériques transforme profondément les pratiques journalistiques :

« Pendant longtemps, on nous a appris que le journalisme était un métier qui exigeait rigueur et engagement presque ascétique. Aujourd’hui, les pratiques changent : plus personne ne fait tout “à l’ancienne”. L’IA facilite notre travail, mais est-ce toujours une bonne chose ? »

Pour elle, la question centrale demeure : Comment intégrer l’IA dans les rédactions sans dénaturer le métier ?

Elle a invité les journalistes à faire preuve de discernement, rappelant que l’IA n’invente pas les faits, mais fonctionne sur des bases de données alimentées par l’humain.

Prenant la parole en tant que parrain de l’activité, M. Sambou Biyagui, directeur général de la Maison de la Presse Babacar Touré, a salué la pertinence du thème :

« L’IA n’est plus une technologie du futur , elle est une réalité quotidienne, qui transforme nos pratiques, nos outils, et même notre manière de produire et de diffuser l’information. »

Il a appelé à une collaboration étroite entre journalistes, experts et autorités, afin d’encadrer l’usage de l’IA et de préserver la qualité, l’indépendance et la diversité de l’information.

M. Biyagui a également annoncé le lancement, au sein de la Maison de la Presse, d’un Centre de formation et de renforcement des capacités, déjà actif dans l’accompagnement des journalistes sur les outils numériques et l’intelligence artificielle :

« Plusieurs journalistes ont déjà bénéficié de sessions dédiées à l’IA. D’autres formations débuteront dès la semaine prochaine. Notre mission est d’accompagner les professionnels dans l’acquisition des compétences indispensables à l’évolution de leur métier. »

Cette rencontre, enrichie par les contributions d’experts et de formateurs du monde des médias, a permis de souligner les enjeux éthiques, professionnels et techniques liés à l’utilisation croissante de l’IA dans les rédactions.

Elle confirme la volonté de l’UPF-Sénégal et de ses partenaires d’ouvrir un espace de réflexion, d’anticipation et de responsabilité autour de ces technologies qui transforment en profondeur le journalisme.

La présidente de l’UPF-Sénégal a conclu en réaffirmant :

« Les journalistes n’ont pas à avoir peur de l’intelligence artificielle. Ils doivent plutôt chercher à la comprendre et à l’utiliser avec discernement. »

Espace Afrique

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