Dakar a abrité, ce jeudi 13 novembre 2025, la première édition du Forum panafricain “This Is Africa Digital”, un événement consacré à la transformation digitale inclusive en Afrique, avec un accent particulier sur la jeunesse et l’autonomisation des femmes.
Organisé sous la direction de Mme Fatou Ka, Directrice générale de This Is Africa Digital, le forum a réuni des décideurs institutionnels, des acteurs du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, ainsi que de nombreux innovateurs africains.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Mme Ndeye Fatou Sène, représentante du ministère de l’Éducation nationale, M. Al Ousseynou Ba de One Africa Groupe, SEM Serge Guillaume, Consulat de l’Ambassade du Rwanda au Sénégal, ainsi que M. Abdourahmane Coly, chargé de la communication du Monument de la Renaissance africaine.
Dans son discours d’ouverture, Mme Fatou Ka a remercié les partenaires et institutions qui ont soutenu la tenue du forum, tout en rappelant la vocation du rendez-vous :
« This Is Africa Digital se veut un espace de dialogue entre les acteurs du numérique, notamment les startups, les femmes et les jeunes. Nous voulons une digitalisation inclusive, qui forme et qui souffle un vent nouveau sur le continent. »
Elle a insisté sur la coopération intergouvernementale et la mutualisation des expériences africaines :
« Nos gouvernements doivent travailler ensemble pour échanger les bonnes pratiques et permettre à l’Afrique de tirer pleinement profit des avantages du numérique. Nous voulons une Afrique moderne, connectée, mais ancrée dans sa culture et son héritage. »
Prenant la parole au nom du ministère de l’Éducation nationale, Mme Ndeye Fatou Sène a rappelé que le numérique représente aujourd’hui un levier essentiel d’équité, d’innovation et de transformation éducative.
Elle a présenté la Stratégie du Numérique pour l’Éducation 2025-2029 (SNE 25-29), conçue pour bâtir une école sénégalaise numérique, inclusive et performante.
Cette stratégie s’articule autour de cinq axes majeurs :
■ Contenus et ressources numériques pour les apprentissages, avec l’intégration de modules sur l’intelligence artificielle dès le cycle scolaire.
■ Formation et accompagnement des acteurs éducatifs, visant à certifier plus de 7 000 enseignants aux outils numériques et pédagogiques.
■ Équipement et infrastructures, dont la mise à disposition de 600 000 tablettes et ordinateurs et la construction d’un centre d’innovation technologique.
■ Communication et partage de ressources éducatives, grâce à des plateformes en ligne accessibles même hors connexion.
■ Gouvernance numérique, à travers la modernisation des systèmes d’information et la coordination des projets en intelligence artificielle.
« Le Sénégal ne se contente pas de s’adapter à la révolution numérique. Il la prépare, il la conduit et l’organise. L’éducation numérique est un pilier de notre souveraineté et de notre cohésion sociale, » a-t-elle affirmé.
SEM Serge Guillaume, Consulat de l’Ambassade du Rwanda au Sénégal, a salué la tenue du forum, qu’il a qualifié de « plateforme stratégique pour l’Afrique numérique ».
« Ce rendez-vous met en lumière la volonté du continent de faire du numérique un levier de développement durable et d’innovation. Le Rwanda et le Sénégal partagent une même vision : celle d’une Afrique connectée, intégrée et souveraine. »
Il a également évoqué la visite officielle du Président du Sénégal à Kigali en octobre 2025, qui a permis un partage d’expériences autour de la gouvernance numérique et de la transformation des services publics.
« Le modèle rwandais démontre que l’innovation numérique peut transformer la relation entre l’État et les citoyens, renforcer la transparence et stimuler la croissance sociale. »
De son côté, M. Al Ousseynou Ba, fondateur de One Africa Groupe, a livré un plaidoyer vibrant pour une souveraineté numérique africaine, insistant sur la nécessité de développer les plateformes et technologies locales :
« Nous ne pouvons pas continuer à dépendre des données stockées ailleurs. L’Afrique doit créer ses propres serveurs, ses propres ingénieurs, et ses propres réseaux sociaux. Nous avons un potentiel immense : plus d’un milliard de personnes, mais seulement 38 % connectées. »
Il a ainsi présenté One Africa Groupe, une initiative visant à bâtir un réseau social africain et à soutenir les artisans et créateurs locaux à travers le numérique.
« Il faut investir dans la jeunesse africaine, pas seulement pour consommer le numérique, mais pour le créer. Le savoir, pas le diplôme, doit être notre moteur, » a-t-il martelé.
Enfin, M. Abdourahmane Coly, chargé de communication du Monument de la Renaissance africaine, a salué la tenue du forum dans ce haut lieu symbolique.
« C’est un honneur pour le Monument d’accueillir cet événement majeur, car la Renaissance africaine passe aussi par la digitalisation et l’innovation. Nous félicitons les organisateurs pour cette belle initiative panafricaine. »
Le forum This Is Africa Digital a marqué une étape importante dans la réflexion collective sur la souveraineté numérique africaine, la coopération entre États, et le rôle central de la jeunesse et des femmes dans cette transition.
Un rendez-vous qui, selon Mme Fatou Ka, « ouvre la voie à une Afrique moderne, connectée, créative et fière de son identité ».
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