Organisé par le Département d’Histoire et l’Histoire Générale du Sénégal (HGS) de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’UCAD, en partenariat avec la Fédération des Descendants et Alliés de l’Almaami Abdul Qaadiri Kan (FEDDE), le symposium a commémoré les 250 ans de la Révolution torodo et les 31 années de magistère (1776-1806) du premier Almaami du Fuuta Tooro.
Dans sa synthèse des travaux, Mme Aïssatou Seck a souligné la richesse scientifique des échanges qui ont permis de mieux comprendre la portée historique de l’Almaami Abdul Qaadiri Kan. Les différentes communications ont mis en lumière les fondements de la Révolution du Fuuta Tooro : la lutte contre l’injustice, la remise en cause du pouvoir des Satigi, la protection des populations, la redistribution équitable des terres, la réforme de la gouvernance, la promotion de l’éducation religieuse avec la construction de nombreuses mosquées, ainsi que le combat contre l’esclavage et la traite négrière.
Les chercheurs ont également insisté sur le caractère novateur de cette expérience politique, fondée sur l’éthique, la justice sociale, la responsabilité des dirigeants, la consultation dans la prise de décision et la protection des plus vulnérables. Plusieurs recommandations ont été formulées, notamment l’intégration de cet héritage dans les programmes scolaires, la valorisation de l’histoire nationale à travers des productions audiovisuelles et la poursuite des recherches sur les grandes figures africaines.
Clôturant les travaux, Me Amadou Ba, magistrat à la retraite, président du comité d’organisation et descendant de l’Almaami Abdul Qaadiri Kan, a rappelé que la Révolution du Fuuta Tooro constitue « un tournant majeur dans l’histoire politique du Sénégal ». Selon lui, cette révolution a instauré un modèle de gouvernance reposant sur la justice, la transparence, l’élection des dirigeants, la limitation des privilèges, la redistribution des richesses et la protection des femmes, des enfants et des populations les plus vulnérables.
Il a souligné que bien avant les grandes révolutions occidentales, le Fuuta Tooro avait développé des principes de gouvernance, de justice sociale et de respect de la dignité humaine qui demeurent d’une grande actualité. Il a plaidé pour une meilleure reconnaissance de cette page de l’histoire du Sénégal dans les programmes d’enseignement afin que les jeunes générations se réapproprient ce patrimoine et puisent dans les valeurs d’intégrité, de responsabilité et de bonne gouvernance léguées par l’Almaami Abdul Qaadiri Kan.
Pour les organisateurs, ce symposium marque une étape importante dans la réhabilitation de cette mémoire historique et ouvre la voie à de nouvelles recherches destinées à mieux faire connaître l’apport du Fuuta Tooro à l’histoire politique et institutionnelle du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest.
Moussa Diba










