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Révision constitutionnelle : la Coalition Diomaye Président accuse Pastef de vouloir affaiblir le chef de l’État

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Face aux journalistes, la superviseure générale de la coalition, Aminata Touré, a vivement critiqué le contenu des amendements, qu’elle qualifie d’« amendements politiciens » destinés à réduire les prérogatives du président de la République. Selon elle, le texte initial, inspiré des conclusions des Assises nationales et des différents dialogues politiques, a été profondément dénaturé au cours de son examen parlementaire.

Pour la coalition, plusieurs dispositions remettent en cause l’équilibre institutionnel du Sénégal. Elle cite notamment la limitation du pouvoir présidentiel de dissoudre l’Assemblée nationale, l’interdiction faite au chef de l’État d’exercer les fonctions de président de parti ainsi que le renforcement des pouvoirs du Parlement et du Premier ministre. Ces mesures seraient, selon ses responsables, de nature à transformer progressivement le régime présidentiel sénégalais en un régime à dominante parlementaire.

« Ces amendements ne poursuivent pas un objectif de modernisation de nos institutions. Ils traduisent une volonté manifeste d’affaiblir le président de la République », a déclaré Aminata Touré, qui considère cette initiative comme une réaction politique consécutive au limogeage de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko.

La conférence de presse a également été marquée par l’intervention du ministre Abdourahmane Diouf. Revenant sur les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien chef du gouvernement, il a dénoncé ce qu’il décrit comme une instrumentalisation de l’Assemblée nationale à des fins de revanche politique. Selon lui, le Sénégal ne traverse aucune crise institutionnelle, les institutions fonctionnant normalement malgré les divergences politiques.

Les responsables de la coalition ont par ailleurs regretté l’absence de larges concertations avant l’introduction de cette réforme constitutionnelle. Ils rappellent que les précédentes révisions majeures de la Constitution ont toujours été précédées d’un dialogue associant les acteurs politiques, la société civile et les différentes composantes de la Nation.

S’agissant de la perspective d’un référendum, la coalition estime que la souveraineté populaire doit demeurer le dernier arbitre. « Les 135 députés ne représentent pas, à eux seuls, le peuple sénégalais », a soutenu Aminata Touré, appelant les citoyens à se mobiliser pour défendre les institutions de la République.

En conclusion, la Coalition Diomaye Président a demandé le retrait des amendements contestés et exhorté les députés à privilégier l’intérêt national au-delà des considérations partisanes. Elle a également invité le gouvernement à concentrer ses efforts sur les priorités économiques et sociales, notamment l’emploi des jeunes, le financement des femmes, la campagne agricole, l’hivernage et la lutte contre la vie chère.

Alors que la séance plénière du 29 juin s’annonce décisive, le débat autour de la réforme constitutionnelle illustre les profondes fractures qui traversent désormais la majorité issue de l’élection présidentielle et ouvre une nouvelle séquence de confrontation politique au Sénégal.

Moussa Diba

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