La traite atlantique a déporté Guinée, le Sierra Leone et le Liberia pour la bauxite, la zone tropicale Sénégal-Mali-Niger pour La question essentielle demeure : l’Afrique estelle simplement un terrain de jeu pour les peuples, communautés et nations conservent leur autonomie culturelle et linguistique.
Au-delà de l’Égypte, cette logique se retrouve dans les empires précoloniaux : Ghana, Mali et Songhaï, où les corridors transsahariens assuraient le contrôle des échanges et des ressources. l’énergie hydraulique (GERD), le bassin Zambèze pour l’hydroélectricité, et enfin l’Afrique du Rupture coloniale et dépendances durables
Diop et la souveraineté africaine essentiels (cobalt du corridor Lobito, cuivre, platine), et grands projets énergétiques (GERD Golfe du Bénin pour le pétrole, le Ghana et la Côte d’Ivoire pour le cacao et le caoutchouc, la multipolaire ? La pensée de Cheikh Anta Diop, plus de trente ans après sa disparition, offre un
Alors que le monde connaît une recomposition accélérée recul relatif de l’hégémonie occidentale, affirmation de la Chine, de la Russie et de puissances émergentes , l’Afrique fonctionnaient comme des centres politico-religieux matérialisantl’autorité sur l’espace et les Pour Cheikh Anta Diop, la souveraineté dépasse l’indépendance formelle des États. Elle repose Cette approche refuse deux écueils : l’anarchie fragmentaire héritée du partage colonial et le souveraineté avant même l’État moderne.
Sud pour le platine. revient au centre du jeu géopolitique mondial. Bases militaires stratégiques (Port-Soudan Souveraineté : une organisation de l’espace seulement un fleuve : il structurait l’espace, la production et le commandement, et les temples de soutenir la souveraineté et l’intégration africaine. éclairage stratégique fondamental pour répondre à cette interrogation. puissances extérieures, ou peut-elle se positionner comme actrice autonome dans ce monde la diplomatie et le commerce intérieursont mutualisés au niveau continental, tandis que les populations. Cette conception mythico-politique transformait le territoire en outil de éthiopien) font du continent un espace clé de projection de puissance et d’influence.
capacité collective d’action, ancrée dans les réalités géographiques etculturelles africaines.
Diop puise ses idées dans l’histoire et la géographie de l’Égypte ancienne. Le Nil n’était pas
Diop proposait une organisation pragmatique du continent autour de 8 zones industrielles les infrastructures et le commerce sahélien, le triptyque Nil-Grands Lacs-Éthiopie pour conférence de Berlin (1885) a imposé 190 frontières artificielles, coupant 11 bassins fluviaux sur la capacité d’un peuple à organiser rationnellement son espace politique, économique et continuités civilisationnelles, permettant une organisation économique et industrielle capable russe), routes maritimes vitales (mer Rouge représentant 12 % du commerce mondial), minerais culturel. Sa vision repose sur lefédéralisme, une architecture souple dans laquelle la défense, naturelles, chacune jouant un rôle spécifique : le bassin Congo pour le cuivre et le cobalt, le Diop élargit cette lecture en identifiant 8 zones stratégiques contemporaines, héritières de ces entre 12 et 15 millions de personnes, avec des pertes indirectes estimées à 30-40 millions. La centralisme draconien calqué sur des modèles étrangers. La souveraineté devient ainsi une
Du Nil aux territoires stratégiques et orientant les capitales vers l’exportation, extravertissant les économies africaines.Les indépendances de 1960 ont créé des micro-États souverains juridiquement, mais verrouiller le golfe de Guinée. Ces mouvements renforcent la souveraineté étatique mais pas la exploiter ses chaînes de valeur locales et renforcer les savoirs endogènes. Les institutions stratégiques : or au Mali (70 t/an), uranium au Niger, cobalt en RDC (70 % de la production
L’Afrique de l’Ouest réagit via l’AES (Mali-Burkina-Niger) : réhabilitation des références intra-africain, +7,7 % 2024) et des accords militaires bilatéraux, notamment Russie-Togopour
l’Atlantique, tandis que l’Éthiopie, malgré la perte de l’accès maritime depuis 1993, consolide vertébrale politique et idéologiquecesinitiatives restent tactiques plutôt que stratégiques.Pour Diop, la solution à la multipolarité subie est le fédéralisme pluricommunautaires. du continent : du Nil au Zambèze, via les 8 zones industrielles de Diop. La souveraineté se
Depuis 2011, l’Afrique est confrontée à une multipolarité complexe. L’effondrement de l’État fragmentation et dépendance. Produire la multipolarité, c’est réactiver les continuités internes les peuples africains de la capacité réelle de décision sur leur destin.
Multipolarité contemporaine : défis et recompositions
Russie (programme nucléaire civil Rosatom horizon 2030). Cependantans un colonne D’autres recompositions majeures concernent le corridor Lobito (cuivre et cobalt, souveraineté continentale. mondiale).
Md FCFA géré par le BCEAFC. Le continent exporte de manière extravertie ses ressources risque de réactiver un néolibéralisme 2.0, où l’intégration économique n’est pas synonyme de Pour Diop, cette souveraineté néocoloniale est entretenue par des élites déconnectées, privant investissements US/UE >6 Md$), la Zone de libre-échange continentale (AfCFTA, 208 Md$ par des acteurs internationaux. Dans cette région, les forces de sécurité et paramilitaires Le Soudana perdu75 % de ses puits pétroliersen faveur du Soudan du Sud, orchestré en partie son rôle énergétique avec le GERD et participe partiellement aux BRICS+.
Fédéralisme a plusieurs communautés: horizon opérationnel puissance stratégique.L’Afrique doit reconstruire ses continuités géopolitiques internes, valoriser ses bassins fluviaux,
Le Maroc se distingue par sa diplomatie sécuritaire et la projection de drones entre le Sahel et aux peuples pour que la souveraineté devienne réelle et durable. Sans cela, le libre marché par bassins fluviaux, et industrialisation ciblée. libyen a diffusé près de 20 millions d’armes selon l’ONU, déstabilisant durablement le Sahel. des ressources minières stratégiques comme Jebel Amir (50 % de la production aurifère, soit d’une banque régionale de 500 Md FCFA. Ces actions sont accompagnées par des partenariats 90 t/an), tandis que le SAF bénéficie de l’appui de la Russie via Port-Soudan. économiquement dépendants : aujourd’hui, 75 à 80 % des exportations africaines restent brutes (OMC 2025), et le CFA centralise 2 531 Md FCFA à la BCEAO à Paris, avec un totalde 5 000 s’organisent selon des influences extérieures : les RSF, alliés aux Émirats arabes unis, contrôlent stratégiques avec la Chine (construction de 1 200 km d’infrastructures Bamako–Niamey) et la De la multipolarité subie à la multipolarité produite historiques (Ghana-Mali-Songhaï), renforcement des chaînes de valeur locales, et création régionales doivent devenir des leviers concrets : banques régionales ≥1 Md€, clauses ZLECAf
La distinction est claire : subir la multipolarité, c’est maintenir l’héritage de Berlin, avec Fanon souligne que la bourgeoisie africaine doit restituer son capital intellectuel et technique construit, elle ne se reçoit pas. Cette vision propose une lecture transversale de l’Afrique, intégrant la géographie sacrée des l’Afrique a tous les outils pour produire sa multipolarité. La prochaine étape : renforcer les
Anta Diop reste un guide : la souveraineté n’est pas un cadeaudes puissances extérieures, mais un projet construit par les Africains eux-mêmes. anciens (Maât et Nil) à une géographie politique moderne, capable de structurer le développement industriel, sécuritaire et diplomatique du continent.
Du Nil aux corridors miniers et énergétiques, de la géographie sacrée à la géographie politique, fédérations régionales, construire des institutions solides et créer un continent capable de peser Doctorant-Chercheur
La souveraineté africaine se joue aujourd’hui sur plusieurs fronts : contrôle des ressources, organisation territoriale, industrialisation, maîtrise des savoirs et intégration régionale. Cheikh dans le monde de demain.
Saliou Diop : Militant Panafricain







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