La Fédération nationale des syndicats du personnel administratif, technique et de service (PATS) des universités publiques et des Centres des œuvres universitaires du Sénégal hausse le ton. Réunis en assemblées générales ce lundi 19 octobre 2026 dans les différents campus, les travailleurs ont dénoncé l’absence d’avancées concrètes sur la généralisation de l’indemnité de logement et annoncé un durcissement de leur mouvement de contestation.
La mobilisation s’est poursuivie par un point de presse au cours duquel les responsables syndicaux ont réaffirmé leur détermination à obtenir la satisfaction de cette revendication, qu’ils considèrent comme une question d’équité et de justice sociale.

Prenant la parole en qualité de porte-parole du jour, François Babacar Touré a rappelé que la Fédération réclame depuis 2024 la généralisation de l’indemnité de logement au bénéfice de l’ensemble des PATS. Selon lui, le principe de cette généralisation avait déjà été acquis à l’issue de concertations antérieures, notamment lors d’un séminaire organisé à Saly.
Le syndicaliste déplore toutefois que les engagements pris n’aient toujours pas été concrétisés. Il reproche au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) de privilégier de nouvelles négociations, alors que la Fédération estime que les discussions précédentes devraient permettre de finaliser le dossier.
François Babacar Touré a notamment évoqué la nécessité de modifier l’article 32 du statut des PATS afin de rendre effective la généralisation de l’indemnité. Il a également insisté sur les difficultés financières auxquelles les travailleurs sont confrontés, dans un contexte marqué par la hausse des loyers, particulièrement à Dakar.

« Le logement n’est pas un luxe », a-t-il défendu en substance, soulignant que cette indemnité constitue, aux yeux des travailleurs, un moyen d’améliorer leurs conditions de vie et de faciliter l’accès à la propriété grâce aux possibilités de financement bancaire.
Pour le porte-parole, le maintien de disparités entre agents exerçant au sein d’une même université soulève une question de considération et de traitement équitable. Il appelle ainsi les autorités à prendre les mesures nécessaires pour traduire les engagements annoncés en décisions concrètes.
De son côté, M. Seydou, intervenant lors du point de presse, a salué la forte mobilisation des travailleurs et appelé à maintenir la pression autour de cette revendication.
Il a dénoncé une situation qu’il juge injuste : celle de voir certains agents bénéficier de l’indemnité de logement tandis que d’autres, pourtant engagés dans le fonctionnement des mêmes institutions universitaires, en sont exclus.

Selon lui, les PATS occupent une place essentielle dans le fonctionnement quotidien des universités. À travers les secrétariats, les directions et les services administratifs, ils contribuent à la continuité du service public et au bon déroulement des activités universitaires.
Pour le responsable syndical, la généralisation de l’indemnité doit donc répondre à un impératif d’équité entre les travailleurs. Il a exhorté ses camarades à rester mobilisés jusqu’à l’aboutissement de leur revendication.
Face à ce qu’elle considère comme une absence de réponse satisfaisante, la Fédération a annoncé une grève de 48 heures dans les universités publiques et les Centres des œuvres universitaires du Sénégal.
François Babacar Touré a également évoqué la possibilité d’enchaîner avec d’autres mouvements de grève, notamment dans le cadre des actions portées par les fédérations et centrales syndicales auxquelles les travailleurs sont affiliés. Une nouvelle évaluation de la situation est prévue afin de déterminer les suites à donner au mouvement.

Dans son communiqué précédent, la Fédération avait déjà appelé les autorités compétentes à prendre, sans délai, les dispositions nécessaires pour rendre effective la généralisation de l’indemnité de logement.
Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue et à la concertation, elle prévient que la préservation durable de la paix sociale dans les universités dépendra de réponses concrètes aux revendications des travailleurs.
Le dossier de l’indemnité de logement s’impose ainsi comme un nouveau point de tension entre les organisations syndicales des PATS et les autorités de l’enseignement supérieur. L’évolution des prochaines discussions sera déterminante pour savoir si un compromis peut être trouvé ou si le mouvement de contestation connaîtra une nouvelle intensification.
M.Diba










