
Devant un public composé d’intellectuels, d’acteurs de la société civile et de passionnés de lecture, Mamadou Ndiaye a expliqué que ce livre est né d’une profonde introspection personnelle. Selon lui, de nombreuses personnes dotées d’une grande intelligence semblent pourtant incapables de mobiliser pleinement leur potentiel, comme si leur esprit était enfermé dans des schémas de pensée préétablis.
« Je me suis demandé pourquoi tant de personnes intelligentes raisonnent et agissent comme si leur intelligence était en prison. Cette interrogation m’a conduit à remettre en question mes propres certitudes », a-t-il confié.
L’auteur estime que l’école, les médias et, aujourd’hui, l’intelligence artificielle participent à la diffusion de modèles de pensée souvent hérités de l’histoire coloniale. Des concepts tels que la démocratie, la gouvernance ou encore la citoyenneté seraient, selon lui, trop souvent adoptés sans être suffisamment questionnés ou adaptés aux réalités africaines.
Pour Mamadou Ndiaye, l’Afrique dispose pourtant d’atouts considérables : sa jeunesse, sa culture, sa diaspora et son héritage civilisationnel. Il appelle à nourrir les nouvelles technologies et les bases de données numériques avec les valeurs africaines, notamment la téranga, les traditions de solidarité et les savoirs locaux.
Au cœur de son ouvrage, l’auteur développe une conception élargie de l’intelligence. Au-delà de l’intellect et des diplômes, il met en avant l’intelligence morale, émotionnelle, relationnelle et celle du bon sens. Selon lui, le monde contemporain souffre d’une intelligence amputée de sa dimension éthique, comme en témoignent les conflits armés, les inégalités persistantes et les atteintes à l’environnement.
« Chaque bombe lancée dans une partie du monde a des répercussions sur l’ensemble de l’humanité. Nous devons retrouver une intelligence pleinement humaine, consciente de notre interdépendance », a-t-il soutenu.
L’ouvrage aborde également des questions sensibles telles que le panafricanisme, la souveraineté, la démocratie, les coups d’État, la gouvernance et les relations entre l’Afrique et le reste du monde. Refusant les lectures manichéennes, Mamadou Ndiaye invite à dépasser les oppositions binaires pour explorer la richesse des nuances et construire des solutions adaptées aux réalités du continent.
L’auteur a également alerté sur les effets des réseaux sociaux et de la surconsommation de contenus numériques, qui fragmentent l’attention et réduisent la capacité de concentration. Selon lui, cette dynamique contribue à l’affaiblissement de l’intelligence collective et à l’isolement des individus.
Conscient de ces nouveaux modes de consommation de l’information, Mamadou Ndiaye a conçu son livre sous forme de chapitres courts, ne dépassant généralement pas cinq pages, afin de faciliter l’accès à la réflexion tout en s’adaptant aux habitudes de lecture contemporaines.
À travers « Libération des intelligences », l’auteur propose ainsi une réflexion ambitieuse sur l’avenir de l’Afrique et son rôle dans le monde. Plus qu’un essai, il présente son ouvrage comme un appel à réveiller les consciences, à valoriser les ressources humaines du continent et à construire un développement fondé sur le génie propre des peuples africains.
Moussa Diba










