Le Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose accueillera, le 25 novembre 2026 à partir de 18 h 30, le spectacle « Kirikou », une création chorégraphique et théâtrale portée par Mme Slou Ndiéguène, directrice artistique et fondatrice de l’Académie de ballet du Grand Théâtre. Présenté lors d’une conférence de presse ce jeudi 29 octobre, ce projet entend faire dialoguer la danse classique russe, les danses sénégalaises et le théâtre, tout en mettant en lumière le talent des jeunes artistes.
Le Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose poursuit son engagement en faveur de la création artistique et de la coopération culturelle internationale avec le spectacle « Kirikou ». Cette production originale est le fruit d’une collaboration entre l’Académie de ballet du Grand Théâtre national, le GITIS de Moscou et le Centre culturel russe Kalinka au Sénégal.
Inspirée du célèbre univers de Kirikou, associé à l’œuvre du cinéaste Michel Ocelot, cette création propose une réécriture contemporaine du conte à travers une fusion entre danse classique, danses traditionnelles sénégalaises, danse contemporaine africaine et théâtre. La musique de Youssou N’Dour participe également à l’identité artistique du projet.
Après une première présentation de quelques scènes à la fin de l’année 2025, le public sénégalais pourra découvrir cette fois-ci le ballet dans son intégralité, avec la participation de danseurs et de musiciens sénégalais et russes. L’ajout du théâtre et du chant doit enrichir cette nouvelle version et lui donner une dimension scénique plus complète.
Face à la presse, Mme Slou Ndiéguène a expliqué les raisons qui l’ont conduite à choisir cette histoire. Pour elle, Kirikou dépasse le simple cadre d’un conte destiné aux enfants. Le personnage incarne le courage, l’intelligence, la volonté et la capacité à surmonter les difficultés, même lorsque les moyens matériels font défaut.

À travers cette adaptation, la directrice artistique souhaite également inviter les adultes à remettre en question leurs préjugés et à retrouver certaines valeurs fondamentales portées par l’enfance : la sincérité, la solidarité, la curiosité et l’ouverture aux autres.
L’histoire de Kirikou, notamment sa capacité à aider sa communauté face aux difficultés, fait écho à la philosophie défendue par l’artiste. Selon elle, la véritable richesse ne réside pas uniquement dans l’argent, mais aussi dans les relations humaines, l’entraide et la volonté collective de construire quelque chose de durable.
« Je préférais avoir mille amis, des relations, plutôt que de l’argent », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance du capital humain dans la réalisation des projets artistiques.
Professeure et maîtresse de ballet reconnue pour son enseignement selon la méthode russe Vaganova, Slou Ndiéguène œuvre depuis plusieurs années à la transmission de la danse classique au Sénégal.
Son parcours dans le pays remonte notamment à 2013, lorsqu’elle y a été invitée dans le cadre de représentations artistiques. Après plusieurs étapes professionnelles, elle s’est engagée dans le développement de l’éducation artistique, en mettant à profit la plateforme du Grand Théâtre national.Son ambition est de permettre aux enfants sénégalais de découvrir différentes disciplines artistiques, de développer leur potentiel et d’acquérir une meilleure maîtrise du corps, de la posture et de l’expression scénique.
Pour elle, le talent existe partout, indépendamment des origines ou de la couleur de peau. Il doit cependant être accompagné par le travail, la formation et des possibilités concrètes d’apprentissage pour pouvoir s’épanouir.

Le projet « Kirikou » se veut ainsi un espace de transmission et de rencontre entre les méthodes de travail russes et les patrimoines chorégraphiques africains. Il doit contribuer à renforcer les compétences des jeunes artistes sénégalais et à favoriser leur ouverture sur les scènes internationales.
À travers cette collaboration avec le GITIS de Moscou et le Centre culturel russe Kalinka, le Grand Théâtre national entend créer un pont entre les artistes du Sud et du Nord. Le projet repose sur le partage des expériences, le croisement des techniques et la valorisation des identités culturelles.
Mme Slou Ndiéguène insiste également sur la nécessité de soutenir les artistes et de multiplier les initiatives permettant au public, notamment aux familles et aux enfants, d’accéder aux spectacles. Elle appelle à une mobilisation collective afin que les talents puissent s’exprimer, même dans un contexte où les moyens financiers demeurent limités.
Dans cette perspective, elle encourage les artistes et les partenaires économiques à contribuer davantage à la vie culturelle, notamment à travers des initiatives solidaires et des représentations accessibles au plus grand nombre.
Prévu le 25 novembre 2026 à 18 h 30 au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, le spectacle « Kirikou » se présente comme une célébration de la créativité, du dialogue interculturel et du potentiel de la jeunesse sénégalaise. Au-delà de la performance scénique, cette création entend défendre une conviction forte : la culture, l’éducation et la coopération peuvent ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes générations..
Moussa Diba











