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Niger : une nouvelle raffinerie de 100 000 barils par jour pour renforcer la souveraineté énergétique

Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté énergétique. Le pays a signé un accord estimé à 1,9 milliard de dollars pour la construction, à Dosso, d’une nouvelle raffinerie de pétrole accompagnée d’un complexe pétrochimique d’une capacité de 100 000 barils par jour.

Présenté comme un projet majeur pour l’économie nigérienne, cet investissement devrait permettre au pays de transformer une part beaucoup plus importante de son pétrole brut sur son propre territoire. La nouvelle infrastructure afficherait une capacité près de cinq fois supérieure à celle de la raffinerie de Zinder, actuellement en activité.

Une fois opérationnelle, elle figurerait parmi les plus importantes raffineries d’Afrique de l’Ouest. Elle resterait toutefois derrière la raffinerie Dangote au Nigeria, dont la capacité atteint 700 000 barils par jour, ainsi que la raffinerie Sentuo au Ghana, annoncée à 120 000 barils par jour.

Pour Niamey, l’enjeu dépasse la seule construction d’une infrastructure industrielle. Il s’agit surtout de réduire la dépendance à l’exportation du pétrole brut et de favoriser sa transformation localement.

Le principe est simple : plutôt que d’exporter massivement le pétrole brut, le Niger entend accroître ses capacités de raffinage afin de produire sur place davantage de carburants et de produits pétrochimiques. Une stratégie susceptible d’augmenter la valeur ajoutée créée dans le pays, de stimuler les recettes publiques et de favoriser l’émergence d’un véritable tissu industriel autour du secteur pétrolier.

Le projet devrait également générer des milliers d’emplois, aussi bien pendant la phase de construction qu’après la mise en service de la raffinerie. La formation de techniciens et d’ingénieurs nigériens figure également parmi les retombées attendues.

La future raffinerie pourrait aussi avoir une portée régionale. Une partie des produits pétroliers excédentaires pourrait être destinée aux marchés du Burkina Faso et du Mali, deux pays membres, avec le Niger, de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Cette perspective pourrait contribuer à renforcer la coopération énergétique entre les trois pays et à réduire leur dépendance vis-à-vis de fournisseurs extérieurs. Dans un contexte marqué par la volonté des États de l’AES de renforcer leur autonomie économique et stratégique, la maîtrise de la chaîne pétrolière constitue un enjeu particulièrement important.

Le Niger pourrait ainsi chercher à passer progressivement du statut de simple producteur et exportateur de pétrole brut à celui d’acteur industriel capable d’extraire, de raffiner et de commercialiser une partie importante de sa production.

Avec cette nouvelle raffinerie et son complexe pétrochimique, Niamey mise donc sur une transformation structurelle de son secteur énergétique. Le défi sera désormais de concrétiser l’investissement, de respecter les délais de réalisation et de garantir la viabilité économique de l’ensemble.

Si le projet aboutit dans les conditions annoncées, il pourrait constituer l’une des infrastructures industrielles les plus importantes jamais réalisées au Niger et renforcer considérablement la place du pays dans le paysage énergétique ouest-africain.

Pour l’AES, il pourrait également devenir un instrument supplémentaire de coopération économique et énergétique, dans une région où la question de la souveraineté sur les ressources naturelles occupe désormais une place centrale.

Eqpace Afrique

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