Au Ghana, les organisations de la société civile relancent le débat sur la lutte contre les accusations de sorcellerie et leurs conséquences dramatiques sur les personnes ciblées, principalement des femmes.
Elles appellent les autorités ghanéennes à promulguer et mettre pleinement en application la loi adoptée en juillet 2023, destinée à criminaliser les accusations de sorcellerie et les pratiques qui peuvent en découler.
Cette revendication intervient plusieurs années après le meurtre d’Akua Denteh, une femme âgée de 90 ans, violemment agressée puis tuée après avoir été accusée de sorcellerie. Son décès avait suscité une forte indignation au Ghana et relancé les appels à renforcer la protection des personnes victimes de telles accusations.
Les organisations de défense des droits humains estiment que le phénomène demeure préoccupant. Des femmes accusées de sorcellerie continuent d’être victimes de violences, de stigmatisation, d’exclusion sociale et, dans certains cas, contraintes de quitter leur communauté pour trouver refuge dans des camps communément appelés « camps de sorcellerie ».
Amnesty International alerte également sur la situation de nombreuses femmes qui restent exposées à ces violences et à des formes de bannissement social.
Pour les acteurs de la société civile, l’adoption d’une loi ne suffit donc pas : son entrée en vigueur et son application effective sont indispensables pour renforcer la protection des victimes et lutter contre l’impunité.
Au-delà de la dimension juridique, les organisations appellent également à s’attaquer aux croyances et pratiques sociales qui alimentent les accusations de sorcellerie, tout en garantissant aux personnes concernées protection, assistance et possibilité de réintégration dans leurs communautés.
Le cas d’Akua Denteh reste ainsi un symbole de l’urgence d’agir pour mettre fin aux violences liées aux accusations de sorcellerie au Ghana.
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