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VBG : le Sénégal prépare son deuxième Plan d’action national pour renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre

Le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, à travers la Direction de la Famille, a organisé ce vendredi 11 septembre 2026 l’atelier de validation institutionnelle du deuxième Plan d’action national pour l’éradication des violences basées sur le genre (PAN VBG 2) et la promotion des droits humains.

La rencontre s’est tenue en présence de la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Mme Marie Angélique Mame Selbé Diouf, ainsi que des différentes parties prenantes, des représentants de la société civile, des organisations de défense des droits humains, des collectivités territoriales et des partenaires techniques et financiers.

Prévu pour la période 2027-2031, le PAN VBG 2 ambitionne de renforcer les mécanismes nationaux de prévention, de protection, de prise en charge des survivantes et survivants, d’accès à la justice, d’autonomisation et de coordination, afin de réduire durablement les violences basées sur le genre et leurs conséquences.

La vision portée par ce nouveau plan est celle d’une société sénégalaise où toutes les personnes, particulièrement les femmes, les enfants et les groupes vulnérables, vivent en sécurité et à l’abri des violences, dans le respect de leurs droits fondamentaux et de l’égalité entre les sexes.

Le PAN VBG 2 vise ainsi à contribuer à « l’éradication progressive de toutes les formes de VBG au Sénégal et à la promotion effective des droits humains », à travers une approche multisectorielle, coordonnée, inclusive et centrée sur les survivantes et survivants.

Sa mise en œuvre reposera notamment sur une approche multisectorielle et intégrée mobilisant les secteurs de la santé, de l’éducation, de la justice, de la sécurité, de l’économie, de l’environnement et du numérique. Le plan privilégie également une approche fondée sur les droits humains et sur les preuves, avec une utilisation accrue des données pour orienter les politiques et les interventions.Marie Angélique Mame Selbé Diouf : « Il n’y a aucune société qui accepte la violence »

Prenant la parole, la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Mme Marie Angélique Mame Selbé Diouf, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective contre toutes les formes de violences.

Elle a notamment rappelé que la lutte contre les VBG ne saurait être uniquement portée par les institutions publiques. Selon elle, elle doit également impliquer la société civile, les hommes et femmes de droit, les leaders communautaires et religieux, les partenaires techniques et financiers, mais aussi les personnes ayant subi des violences et celles qui sont impliquées dans les mécanismes de violence.

Pour la ministre, il est également nécessaire d’aller au-delà de la prise en charge des victimes et de s’interroger sur les facteurs sociaux et culturels qui peuvent favoriser ou banaliser les comportements violents.

« Il faut qu’on comprenne et qu’on sache ce qui est derrière les violences. Est-ce que ce n’est pas parfois la société qui contribue à produire des comportements violents ? », a-t-elle notamment souligné, appelant à une réflexion collective sur les normes sociales et les mécanismes qui entretiennent les violences.

La ministre a également insisté sur la responsabilité première de l’État dans la protection des populations, tout en soulignant que cette responsabilité doit être accompagnée par une forte implication de l’ensemble des acteurs.

Elle a rappelé que la protection des femmes, des filles et des personnes vulnérables constitue une priorité nationale, en cohérence avec les orientations du Sénégal en matière de développement humain et de transformation sociale.

Le deuxième Plan d’action national s’articule autour de plusieurs priorités, notamment la sensibilisation et l’éducation, la prévention, le renforcement de la protection et de la prise en charge, l’accès à la justice ainsi que la consolidation des mécanismes institutionnels et des systèmes de données.

La lutte contre les violences économiques et les différentes formes de violences faites aux femmes figure également parmi les enjeux pris en compte dans cette nouvelle stratégie.

La ministre a appelé les acteurs à privilégier la complémentarité et la coordination des interventions afin d’éviter la dispersion des efforts et de garantir une réponse plus efficace sur l’ensemble du territoire national.

L’ambassadrice du Royaume de Belgique au Sénégal, Mme Hélène De Bock, a, pour sa part, salué l’engagement des autorités sénégalaises dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

Elle a rappelé que la coopération belge accompagne depuis plusieurs années les efforts du Sénégal dans ce domaine, notamment à travers le renforcement des capacités des acteurs et l’amélioration des mécanismes de prise en charge.

Elle a cité plusieurs initiatives soutenues par la Belgique, dont l’appui à la mise en œuvre de la législation relative à la lutte contre les violences basées sur le genre, la formation de policiers et de gendarmes sur la prise en charge des victimes ainsi que la facilitation de protocoles de collaboration entre plusieurs ministères.

Pour l’ambassadrice, la validation du PAN VBG 2 constitue une étape importante pour disposer d’un cadre national permettant de mieux harmoniser les interventions et de renforcer la prévention, la prise en charge, la coordination et l’évaluation des actions.

Elle a réaffirmé la disponibilité de la coopération belge à poursuivre son accompagnement aux côtés des autorités sénégalaises et des autres partenaires.ONU Femmes : renforcer la coordination et la prise en charge

La représentante d’ONU Femmes, chargée du programme et du leadership, Mme Fanata Sow, a également salué cette étape de validation institutionnelle.

S’exprimant au nom du système des Nations unies au Sénégal, elle a souligné l’importance de garantir à chaque personne le droit de vivre dans la dignité, la sécurité et la liberté.

Elle a rappelé que les violences basées sur le genre ont des conséquences profondes sur la santé, la sécurité, la dignité et les opportunités économiques des femmes et des filles. Elles constituent également, selon elle, un enjeu majeur de justice et de respect des droits humains.

Mme Fanata Sow a estimé que le PAN VBG 2 doit permettre de consolider les acquis du premier plan, tout en renforçant les dimensions liées à la prévention, à la santé, à la prise en charge, à la justice et surtout à la coordination des interventions.

Au-delà de l’adoption des textes et des stratégies, les participants ont insisté sur la nécessité de garantir une mise en œuvre effective du PAN VBG 2.

Sa réussite dépendra notamment de la coordination des acteurs, de la mobilisation des ressources financières et humaines, de la disponibilité de données fiables et de la capacité collective à faire évoluer durablement les comportements et les normes sociales.

À travers ce deuxième plan, le Sénégal entend ainsi renforcer son dispositif national de lutte contre les violences basées sur le genre et placer davantage la protection des victimes et la promotion des droits humains au cœur de l’action publique.

Le message porté lors de l’atelier se veut clair : la prévention des VBG est une responsabilité collective. Il s’agit de protéger les victimes et survivantes, de renforcer leur accès à la justice et aux services essentiels, mais également de construire, sur le long terme, une société fondée sur la dignité, l’égalité et le respect des droits humains.

Moussa Diba

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