

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités diplomatiques et institutionnelles, dont Festus Bizimana, Amadou Ba, ainsi que Hassan Naciri, aux côtés de membres du corps diplomatique, de la communauté rwandaise et de nombreux invités.
Présidant la cérémonie, l’ambassadeur Festus Bizimana a livré une allocution empreinte de gravité et de recueillement. Il a rappelé que plus d’un million de vies ont été brutalement fauchées en l’espace de cent jours, soulignant que cette tragédie ne fut pas un événement soudain, mais l’aboutissement d’un processus marqué par la haine, la manipulation et la déshumanisation.
Il a insisté sur la nécessité de maintenir vivante la mémoire des victimes et de rester vigilant face aux discours de haine encore présents dans certaines régions du monde, notamment dans les Grands Lacs.
« Se souvenir, ce n’est pas seulement regarder le passé, c’est éclairer le présent et protéger l’avenir », a-t-il déclaré.
L’ambassadeur rwandais a également salué la résilience du peuple rwandais, qui a su se relever après la tragédie en faisant le choix de l’unité, de la réconciliation et de la dignité. Il a rendu un hommage appuyé aux survivants, dont le courage constitue, selon lui, une source d’inspiration pour l’humanité.
Il a, par ailleurs, exprimé la gratitude du Rwanda envers le Sénégal pour sa solidarité constante dans les moments les plus difficiles.
Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre Amadou Ba a souligné que la commémoration de Kwibuka constitue un appel à la conscience collective et à la vigilance face aux dérives identitaires et aux discours d’exclusion.
Il a réaffirmé l’engagement du Sénégal aux côtés du Rwanda pour la promotion de la paix, de la justice et de la fraternité entre les peuples, tout en saluant la qualité des relations bilatérales entre les deux pays.
De son côté, Dr Yves Munana, président de la communauté rwandaise au Sénégal, a insisté sur la nécessité de combattre fermement le négationnisme et le révisionnisme. Il a appelé à une mobilisation continue pour préserver la vérité historique et honorer la mémoire des victimes.
S’exprimant au nom des ambassadeurs accrédités, Hassan Naciri a rappelé que le génocide contre les Tutsis demeure l’un des chapitres les plus tragiques de l’histoire contemporaine. Il a évoqué les défaillances de la communauté internationale en 1994 et appelé à renforcer les mécanismes de prévention des atrocités.
Au-delà du recueillement, cette 32ᵉ commémoration se veut un appel à l’action. Elle rappelle que la mémoire doit servir de levier pour bâtir des sociétés plus justes, inclusives et résilientes.
Alors que s’ouvrent les 100 jours de commémoration, le message reste universel :
ne jamais oublier, transmettre aux générations futures et agir pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus.
Moussa Diba










