
La cérémonie de remise des diplômes du projet Mille Femmes, tenue ce vendredi 25 septembre 2026, a consacré la certification de 277 femmes par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Portée avec l’appui de Collèges et Instituts Canada (CICan) et du ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle et Technique, l’initiative entend transformer les compétences acquises sur le terrain en qualifications officiellement reconnues, afin de favoriser l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat et l’autonomisation économique des femmes., le projet Mille Femmes ambitionne de renforcer l’autonomisation sociale et économique des femmes vulnérables au Sénégal, en leur permettant d’obtenir une reconnaissance formelle de leurs compétences.
Présidant la cérémonie, Amadou Beye Ndiaye, directeur de cabinet du ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle et Technique, a présenté la VAE comme un « puissant levier de transformation et de justice sociale ». Selon lui, cette cérémonie dépasse la simple remise de diplômes. Elle constitue une reconnaissance officielle du savoir-faire, des connaissances, du courage et de la persévérance de femmes qui ont construit leurs compétences à travers le travail et l’expérience.
Il a également souligné la portée sociale et économique de cette démarche, en l’inscrivant dans les orientations de l’État du Sénégal en matière de développement du capital humain et d’autonomisation des femmes. La VAE permet, selon lui, de faciliter l’accès à la formation, à l’insertion professionnelle et à l’entrepreneuriat, tout en renforçant la confiance des bénéficiaires.
Le directeur de cabinet a appelé à la consolidation et à la pérennisation du dispositif. Il a notamment plaidé pour un passage à l’échelle, une meilleure territorialisation de la VAE et un accompagnement financier permettant de toucher davantage de femmes dont les compétences restent encore insuffisamment reconnues.

Pour Mme Caroline, directrice du programme chargée des affaires de l’ambassade du Canada au Sénégal, la cérémonie représente avant tout la célébration de parcours marqués par la persévérance, le courage et la détermination.
Elle a insisté sur la valeur de la certification obtenue par les bénéficiaires : « Ce diplôme ne vous attribue pas des compétences que vous n’aviez pas. Il reconnaît officiellement celles que vous possédez déjà. »
Selon elle, de nombreuses femmes exercent depuis longtemps des métiers avec talent sans disposer d’une reconnaissance officielle de leurs compétences. La VAE vient ainsi transformer un savoir-faire acquis sur le terrain en qualification reconnue par l’État, susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles et entrepreneuriales.
Elle a toutefois rappelé que la certification ne constitue pas une finalité : « Votre diplôme n’est pas une ligne d’arrivée. C’est un point de départ. » L’enjeu est désormais de permettre aux bénéficiaires de transformer cette reconnaissance en opportunités concrètes : développement d’activités, création d’emplois, accès à de nouveaux marchés et amélioration des revenus.

La représentante canadienne a par ailleurs salué la coopération entre le Canada et le Sénégal, ainsi que le travail conjoint des institutions publiques, des établissements de formation, des organisations de la société civile, des communautés et des bénéficiaires.
De son côté, Mme Fortin a salué la détermination et la persévérance des bénéficiaires tout au long du processus de certification. Elle a relevé les efforts consentis pour renforcer leurs compétences techniques, leur leadership et leur confiance en elles.
Elle a également rendu hommage aux différents partenaires ayant contribué à la mise en œuvre du projet, notamment la coopération canadienne, CICan, les ministères concernés, les structures de formation, les organisations de femmes et les organisations communautaires.
Pour elle, les femmes certifiées sont désormais des « championnes du quotidien » et des actrices à part entière du développement économique et social.
Au nom des bénéficiaires, Aïssatou Diatta a livré un témoignage particulièrement évocateur. Elle a expliqué que de nombreuses femmes disposent de compétences professionnelles solides mais se heurtent à l’absence de diplômes ou de qualifications formelles lorsqu’elles cherchent un emploi ou souhaitent développer leurs activités.
« Nous avions les compétences, mais nous n’avions pas toujours le document qui permettait de les faire reconnaître », a-t-elle souligné.
Elle a notamment évoqué la présence croissante de femmes dans des métiers traditionnellement considérés comme masculins, tels que le diagnostic automobile, l’installation de panneaux solaires ou encore certains métiers techniques et commerciaux.
À ses yeux, la certification obtenue constitue « bien plus qu’un papier » : elle représente une porte vers l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat et une plus grande confiance en soi.
La bénéficiaire a enfin appelé à poursuivre l’accompagnement au-delà de la remise des diplômes afin de permettre aux femmes certifiées de développer durablement leurs activités et de transformer leurs nouvelles qualifications en véritables opportunités économiques.
À travers le projet Mille Femmes, la Validation des Acquis de l’Expérience apparaît ainsi comme un instrument de reconnaissance des compétences, mais aussi comme un levier d’inclusion professionnelle et d’autonomisation économique des femmes.
Moussa Diba










