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Retards de salaires, malaise social et gestion contestée : les travailleurs de Trade Point Sénégal tirent la sonnette d’alarme

Au cours de cette conférence de presse, les travailleurs ont exprimé de profondes préoccupations relatives à la gestion actuelle de la Fondation, évoquant notamment la dégradation du climat social et managérial, des recrutements massifs jugés déséquilibrés, des inquiétudes sur la gestion financière ainsi que les risques stratégiques liés au projet de changement de dénomination de « Trade Point Sénégal » en « Made in Sénégal Center ».

Selon les représentants du personnel, cette démarche vise à alerter l’opinion publique et les autorités compétentes dans “un esprit républicain, responsable et constructif”, afin de préserver la stabilité institutionnelle, le dialogue social ainsi que l’image de cette structure créée depuis plus de trente ans pour accompagner le commerce et la promotion économique du Sénégal.

Dans sa déclaration, Monsieur Issa Dial a insisté sur le caractère non politique de cette sortie médiatique. « Notre démarche ne procède d’aucune logique de confrontation personnelle, politique ou partisane. Elle s’inscrit exclusivement dans une volonté de préservation de la stabilité institutionnelle, du climat social, ainsi que de l’image et de la crédibilité d’une institution qui joue un rôle important dans l’accompagnement du commerce au Sénégal », a-t-il déclaré

Le porte-parole du personnel a également dénoncé ce qu’il considère comme une gestion “opaque” de l’institution. Il affirme que depuis plusieurs mois, les travailleurs assistent à une détérioration continue du climat social, accompagnée d’un management qu’ils jugent incompatible avec les valeurs historiques de la Fondation.

Parmi les principales préoccupations soulevées figurent les recrutements effectués récemment au sein de la structure. Les travailleurs estiment que ces recrutements suscitent “de nombreuses interrogations” quant à leur soutenabilité financière et leur conformité aux exigences de bonne gouvernance. Selon eux, l’effectif serait passé à près d’une centaine d’agents, avec une hausse significative des charges salariales.

Le personnel s’est également alarmé de la situation financière actuelle de l’institution. Malgré les revenus générés par les activités de confection de cartes professionnelles et commerciales, les travailleurs dénoncent des retards de salaires, des loyers impayés ainsi que des menaces de coupure d’électricité.

« Nous sommes aujourd’hui le 12 du mois et les salaires ne sont toujours pas payés. Nous ne savons même pas si nous aurons une avance Tabaski », a regretté Issa Dial, avant de s’interroger sur l’utilisation des ressources financières de la Fondation.

Les travailleurs affirment également que plusieurs acquis sociaux auraient été supprimés ces derniers mois, notamment la restauration gratuite, les dotations en carburant, certains tickets et avantages accordés lors des fêtes et célébrations professionnelles.

Autre point de discorde : le projet de changement de nom de la Fondation. Le personnel rejette la volonté de rebaptiser l’institution « Made in Sénégal Center », estimant que la dénomination historique « Trade Point Sénégal » constitue un patrimoine institutionnel reconnu tant au niveau national qu’international.

« Nous ne sommes pas contre le changement, mais toute réforme doit reposer sur la concertation, la transparence et la préservation des acquis institutionnels », a soutenu le porte-parole du personnel.

Face à cette situation, les travailleurs réclament notamment :
la restauration du dialogue social ;
● le respect des droits et acquis des travailleurs ;
le paiement régulier des salaires ;
● la réalisation d’un audit organisationnel, social et financier indépendant ;
● la suspension des décisions engageant l’avenir de l’institution ;
● ainsi que le maintien de la dénomination historique de Trade Point Sénégal.

Le personnel a enfin appelé les autorités de tutelle à intervenir afin de préserver cet outil économique qu’il considère comme stratégique pour le commerce et la promotion économique du Sénégal.

Moussa Diba

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