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Réforme du Code du Travail : le FSDT hausse le ton et menace d’une grève générale

Devant les journalistes, le coordonnateur du FSDT, Mody Guiro, a accusé les autorités de rompre avec les principes du dialogue social en transmettant les textes à l’Assemblée nationale sans avoir partagé leurs versions définitives avec les organisations syndicales et patronales.

Selon lui, les projets doivent être examinés en commission des lois le 20 juin avant leur passage en séance plénière le 22 juin 2026, alors même qu’une demande conjointe formulée le 6 mai dernier par les secrétaires généraux des centrales syndicales et les représentants du patronat réclamait la communication préalable des textes définitifs.

« Cette décision constitue une violation grave des engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable », a déclaré Mody Guiro. Le responsable syndical estime également que cette démarche contrevient aux principes de la Convention 144 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui prévoit la consultation effective des partenaires sociaux sur les réformes touchant au travail et à la protection sociale.

Le FSDT considère que plusieurs dispositions contenues dans les projets de réforme représentent un recul significatif des acquis sociaux. Parmi les points les plus contestés figure l’allongement de la durée des contrats à durée déterminée (CDD), qui passerait de deux à quatre ans avec la possibilité de trois renouvellements.

Pour les syndicats, cette mesure risque d’accentuer la précarité de l’emploi, d’affaiblir la représentation syndicale et de réduire les garanties offertes aux travailleurs. « Nous sommes en présence d’une réforme de régression sociale », a martelé le coordonnateur du Front syndical, dénonçant une flexibilisation excessive du marché du travail au détriment des droits des salariés.

Le FSDT affirme que les travailleurs ont participé durant plusieurs années aux concertations engagées autour de ces réformes, dans un esprit de responsabilité et de contribution à la modernisation de la législation sociale. Les responsables syndicaux regrettent aujourd’hui que leurs propositions n’aient pas été retenues et dénoncent l’opacité entourant la finalisation des textes.

Face à ce qu’il qualifie de « passage en force », le Front Syndical pour la Défense du Travail annonce une riposte. Une assemblée générale des travailleurs est convoquée le vendredi 3 juillet 2026 à la Bourse du Travail de la CNTS à Keur Madia afin de définir les modalités de la mobilisation.

À l’issue de cette rencontre, les syndicats pourraient lancer un mot d’ordre de grève générale de 24 heures le vendredi 10 juillet 2026. Le FSDT appelle d’ores et déjà les travailleurs, les retraités, les jeunes et l’ensemble des forces sociales attachées à la justice sociale à se mobiliser pour défendre les acquis sociaux et préserver le dialogue social.

Réaffirmant son unité et sa détermination, le Front syndical prévient qu’il poursuivra la lutte jusqu’au retrait des dispositions qu’il juge contraires aux intérêts des travailleurs. Cette nouvelle confrontation entre gouvernement et partenaires sociaux pourrait ainsi ouvrir une période de fortes tensions sociales dans le pays.

Moussa Diba

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