
Le Collectif des travailleurs sénégalais licenciés par Saipem SA a tenu, ce jeudi 1er octobre 2026, une conférence de presse à Dakar pour revenir sur leur parcours professionnel, leurs conditions de travail et le contentieux qui les oppose depuis plusieurs années aux sociétés concernées. Les travailleurs dénoncent notamment le non-règlement, selon eux, de droits et indemnités consécutifs à leurs licenciements.
Réunis autour du thème « 33 ans de service : les travailleurs face aux licenciements, aux conditions de travail et à leur parcours professionnel », les membres du collectif ont souhaité rappeler les faits à l’origine de leur mobilisation et interpeller les autorités sénégalaises sur leur situation.
Au cœur de leur démarche figure le dossier de 91 travailleurs sénégalais, qui affirment avoir été licenciés en 2016 dans le cadre des activités de Saipem SA et de Global Petroprojects Services (GPS). Selon le collectif, ces travailleurs attendent toujours le règlement de droits et indemnités qu’ils estiment leur être dus.

Prenant la parole au nom du collectif, Abdou Diedhiou, porte-parole des travailleurs, a insisté sur la volonté des concernés de voir leur dossier examiné à la lumière de l’ensemble des documents disponibles.
« Notre combat n’est pas un combat contre l’investissement étranger ni contre le développement du secteur pétrolier et gazier du Sénégal. C’est un combat pour la dignité du travailleur sénégalais et pour le respect de ses droits », a-t-il déclaré.
Le collectif affirme que son dossier implique notamment Saipem SA, ENI et Global Petroprojects Services, cette dernière étant présentée par les travailleurs comme une société ayant joué un rôle dans le recrutement et la gestion administrative de personnels liés aux activités de Saipem.
Les travailleurs souhaitent également attirer l’attention sur les relations historiques qu’ils disent avoir existé entre plusieurs entreprises internationales et SOCOPAO, société du groupe Bolloré, qu’ils présentent comme ayant représenté certaines de ces sociétés au Sénégal sur une longue période.

La conférence de presse intervient alors que le Sénégal poursuit le développement de son secteur pétrolier et gazier et vient de renforcer ses relations avec le groupe italien ENI
Pour les membres du collectif, cette actualité constitue une occasion de demander aux pouvoirs publics de prendre en considération les contentieux sociaux liés aux activités passées des groupes concernés
.« L’État du Sénégal connaît-il toute l’histoire sociale liée aux sociétés et aux groupes concernés par notre dossier ? », s’interrogent-ils.
Ils demandent notamment aux autorités de déterminer les responsabilités respectives des différentes entités impliquées dans le parcours professionnel des travailleurs concernés, en s’appuyant sur les contrats, documents administratifs et autres pièces dont ils disposent.
Le collectif précise toutefois qu’il ne réclame pas la remise en cause des investissements étrangers.
« Nous ne demandons pas à l’État de condamner qui que ce soit. Nous lui demandons simplement de regarder notre dossier », souligne Abdou Diedhiou.
Au-delà de la dimension professionnelle et juridique du dossier, les travailleurs mettent en avant les conséquences sociales de plusieurs années de contentieux.

« Derrière ces 91 noms, il y a des familles. Il y a des enfants qui ont grandi avec les conséquences de cette situation. Il y a des parents qui ont connu des difficultés », a rappelé le porte-parole.
Le collectif estime que les années consacrées au service d’entreprises internationales doivent être prises en compte dans l’examen de leur situation.
Les travailleurs sollicitent ainsi l’intervention du Président de la République, du Président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre, des ministres chargés de l’Énergie et du Travail, des députés, des autorités administratives compétentes, des organisations syndicales et de la société civile.
Dans leur déclaration, les 91 travailleurs demandent principalement que les documents soient examinés, que les responsabilités soient établies et que leurs droits soient déterminés conformément aux textes et aux décisions de justice éventuellement applicables.
« Nous voulons être entendus. Nous voulons que les pièces soient examinées. Nous voulons que les responsabilités soient établies. Nous voulons que nos droits soient respectés », a déclaré le collectif.
Pour ces travailleurs, l’exploitation des ressources pétrolières et gazières du Sénégal doit aller de pair avec la protection des droits sociaux.
« Nous ne demandons pas l’arrêt des investissements. Nous demandons que l’investissement et la justice sociale puissent avancer ensemble », soutient le collectif.

Après plusieurs années de démarches, les anciens travailleurs de Saipem et de GPS disent refuser que leur dossier tombe dans l’oubli. Ils appellent ainsi les autorités à rouvrir l’examen de leur situation à la lumière de l’ensemble des éléments disponibles, afin que les responsabilités soient clarifiées et que les droits de chacun soient établis.
Le Collectif des 91 travailleurs sénégalais licenciés par Saipem SA et GPS entend désormais poursuivre sa mobilisation pour obtenir l’examen de son dossier et faire entendre ses revendications auprès des autorités sénégalaises.
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