

La rencontre s’est tenue sous la présidence du Directeur général de la Police nationale, l’Inspecteur général de police Mame Seydou Ndour, en présence de la Directrice générale de l’École nationale de Police, la Commissaire divisionnaire Sanou Diouf, ainsi que d’universitaires et d’experts, dont le Professeur Abdoulaye Cissé.
Cette conférence s’inscrit dans la politique de gouvernance sécuritaire de la Police nationale et dans sa stratégie de sensibilisation aux nouvelles formes de criminalité liées au numérique. Elle a permis d’engager une réflexion sur les menaces que représentent les réseaux numériques pour la dignité humaine, la sécurité des citoyens et la souveraineté numérique.
Dans son allocution, la Commissaire divisionnaire Sanou Diouf a rappelé que si le numérique constitue un formidable levier de développement, il engendre également de nouveaux risques pour les libertés individuelles et les droits fondamentaux.
Elle a souligné que les atteintes à la dignité humaine, à la vie privée et à la protection des données personnelles se multiplient sur les plateformes numériques, alors même que les mécanismes de régulation peinent encore à suivre l’évolution extrêmement rapide des technologies.
Selon elle, l’École nationale de Police adapte progressivement ses programmes de formation afin de préparer les futurs policiers aux nouveaux défis de la cybersécurité, de la protection des données et de la lutte contre les infractions commises en ligne.
La Directrice générale a également insisté sur la nécessité de développer des partenariats avec les institutions spécialisées, notamment avec l’École à vocation régionale en cybersécurité, estimant que ces enjeux ne peuvent être relevés par une seule institution.
Intervenant comme conférencier principal, le Professeur Abdoulaye Cissé a consacré sa communication à la souveraineté numérique et aux systèmes d’influence.
Il a expliqué que chaque utilisateur laisse quotidiennement des traces numériques qui sont exploitées pour établir des profils permettant d’orienter, d’influencer, voire de manipuler les comportements. Selon lui, cette réalité constitue aujourd’hui une menace pour la liberté individuelle et la dignité humaine.
Le professeur a précisé que la souveraineté numérique ne signifie pas un contrôle absolu d’Internet, mais plutôt la capacité d’un État à comprendre, maîtriser et réduire ses dépendances numériques, à protéger les données, à encadrer les usages et à réguler efficacement la communication publique.
Abordant la question de l’intelligence artificielle, il a insisté sur le fait que celle-ci constitue avant tout un outil d’amplification.
« L’intelligence artificielle amplifie aussi bien les forces que les faiblesses. Si un système présente des insuffisances, elle les amplifie. Si les utilisateurs ne sont pas suffisamment formés, leurs lacunes seront également amplifiées », a-t-il expliqué.
Le spécialiste a également comparé l’intelligence artificielle à un miroir, estimant qu’elle reflète souvent les préoccupations, les connaissances et les biais de ceux qui l’utilisent.
Face aux campagnes de manipulation de l’information, aux discours de haine et aux opérations d’influence qui prolifèrent sur les réseaux sociaux, le Professeur Cissé a plaidé pour une formation continue des forces de défense et de sécurité afin qu’elles puissent mieux identifier les menaces numériques et protéger efficacement les citoyens.
Cette édition des « Mercredis de la Police » confirme ainsi la volonté de la Direction générale de la Police nationale d’intégrer pleinement les enjeux du numérique dans la formation de ses personnels, tout en renforçant la culture de la cybersécurité et la protection des droits fondamentaux dans un environnement digital en constante évolution.
Moussa Diba











