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Dakar accueille la Conférence annuelle de l’APIGA sur le rôle stratégique des institutions de garantie en Afrique

Placée sous le thème : « Le rôle des institutions de garantie dans la transformation économique des pays d’Afrique », cette rencontre internationale a réuni à Dakar plusieurs experts financiers, institutions de garantie, acteurs du développement et représentants du secteur privé venus réfléchir sur les mécanismes innovants de financement adaptés aux réalités économiques africaines.

Au cours des travaux, les participants ont partagé leurs expériences respectives, présenté différents modèles de financement et exploré de nouveaux instruments de garantie destinés à faciliter l’accès au crédit pour les PME, les jeunes entrepreneurs et les porteurs de projets stratégiques. Les échanges ont également porté sur les défis du financement des économies africaines, l’inclusion financière et le renforcement de la souveraineté économique du continent.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre Dr Abdourahmane Sarr a souligné que la problématique du financement de la transformation économique africaine dépasse largement la seule question de la garantie financière. Selon lui, l’Afrique ne manque ni d’opportunités ni d’entrepreneurs, mais reste confrontée à des difficultés structurelles liées à la structuration des projets, au partage des risques, à la profondeur des marchés financiers et à la mobilisation du capital.

Le ministre a insisté sur la nécessité pour les institutions africaines de garantie d’évoluer vers de véritables instruments de transformation productive capables d’accompagner l’industrialisation, les infrastructures énergétiques, l’agro-industrie, l’innovation, l’économie numérique et les chaînes de valeur régionales. Il a également rappelé que, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les mutations économiques mondiales, les pays africains doivent renforcer leur résilience économique à travers des politiques industrielles cohérentes et des mécanismes de financement adaptés.

Évoquant la Vision Sénégal 2050, le ministre a affirmé que le Sénégal place la transformation structurelle de son économie, le développement du secteur privé et le financement innovant au cœur de ses priorités stratégiques. Il a plaidé pour une coopération renforcée entre fonds de garantie, banques de développement, investisseurs institutionnels et partenaires privés afin de bâtir un véritable écosystème africain de financement du développement.

De son côté, Ndeye Fatou Guedj Mbodj a rappelé le rôle stratégique du FONGIP dans le financement du secteur privé sénégalais. Elle a indiqué que depuis sa création, le FONGIP a accordé 61,7 milliards FCFA sous forme de garanties et de refinancements, mobilisé plus de 107 milliards FCFA auprès du secteur financier et généré près de 147 milliards FCFA d’investissements, contribuant ainsi à la création ou à la consolidation de plus de 132 000 emplois.

Selon elle, la garantie financière constitue un véritable accélérateur de croissance, un outil de confiance et un pont entre les idées entrepreneuriales et leur concrétisation. Elle a également salué l’accompagnement de partenaires comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement dans le renforcement des capacités d’intervention du FONGIP sur la période 2022-2027.

Pour sa part, François Sène a mis en lumière les contraintes persistantes auxquelles font face les PME africaines en matière d’accès au financement, dans un contexte marqué par les crises économiques, les mutations structurelles et les effets des changements climatiques.

Le représentant de la BCEAO a rappelé les différentes initiatives mises en œuvre par la Banque centrale pour améliorer l’accès des PME au financement, notamment le dispositif de soutien au financement des PME/PMI, les centrales des bilans, les bureaux d’information sur le crédit et la promotion d’instruments alternatifs tels que le crédit-bail, le factoring et la finance islamique.

Il a révélé qu’à fin décembre 2025, plus de 5 071 PME avaient bénéficié de financements dans le cadre du dispositif de soutien de la BCEAO pour un encours global estimé à 752 milliards FCFA, contre 266 milliards FCFA en 2019. Toutefois, il a souligné que plusieurs contraintes structurelles persistent, notamment l’insuffisance des mécanismes de partage des risques, le niveau élevé de défauts de paiement et les insuffisances de l’environnement juridique et judiciaire en matière de recouvrement des créances.

À travers cette conférence internationale, le FONGIP et l’APIGA réaffirment leur volonté de promouvoir des solutions de financement innovantes et inclusives afin d’accompagner durablement la transformation économique de l’Afrique et le développement d’un secteur privé africain plus fort, compétitif et résilient

Moussa Diba

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