
Produit par Galagos et Wawkumba Films, Rafet plonge le spectateur dans une histoire profondément humaine, tournée dans le quartier traditionnel lébou de Ngor. Le film raconte le parcours d’une fillette de 12 ans qui, pour fuir les moqueries liées à son apparence, dissimule son visage derrière un masque en carton. À travers ce récit intime, la réalisatrice explore avec sensibilité les thématiques de l’acceptation de soi, de la différence et du poids des normes sociales.
Prenant la parole devant un public attentif, Khadidiatou Sow a livré un témoignage émouvant sur la genèse de son œuvre. Inspiré de son vécu personnel, le film se veut une réponse aux blessures invisibles causées par les jugements et les standards imposés par la société. « Ce que certains considèrent comme une faiblesse peut devenir une force », a-t-elle déclaré, soulignant la dimension introspective et engagée de Rafet.
Représentant le ministère de la Culture, Mounirou Barro a salué une œuvre « profondément humaine » qui interroge le regard porté sur la différence et met en lumière l’importance de l’estime de soi. Il a également réaffirmé l’engagement des autorités à soutenir le développement d’un écosystème cinématographique dynamique et inclusif au Sénégal.
Pour sa part, Oumy Diegane Niang a rendu hommage à la réalisatrice, qu’elle considère comme une source d’inspiration pour toute une génération de femmes engagées dans les industries culturelles. Elle a salué une artiste « talentueuse, humble et profondément humaine ».
La projection a été suivie d’un panel autour du thème « Cinéma et questions sociales : acceptation de soi et enjeux socio-culturels », réunissant experts, artistes et universitaires. Les échanges ont permis d’approfondir les réflexions sur les violences psychologiques, les standards de beauté et la construction de l’identité.
La soirée s’est poursuivie par un vernissage de l’exposition « Rafet », proposant une immersion dans l’univers plastique de la réalisatrice à travers une sélection d’œuvres réalisées entre 2018 et 2024, illustrant les liens étroits entre cinéma et arts visuels dans sa démarche artistique.
Formée aux Beaux-Arts de Dakar et aux Ateliers Varan de Paris, Khadidiatou Sow s’impose depuis près de deux décennies comme une voix singulière du cinéma sénégalais. Récompensée à l’international pour ses précédentes réalisations, elle poursuit avec Rafet une œuvre engagée, centrée sur les questions d’identité, de dignité et de reconnaissance des différences.
Avec ce nouveau film, la cinéaste confirme son ambition : faire du cinéma un miroir des réalités sociales et un levier de transformation des regards.
Moussa Diba










