Cette rencontre, qui a enregistré une forte mobilisation des membres du GSPD et du CNDES, a été l’occasion pour les acteurs du secteur privé d’exprimer leurs inquiétudes quant aux conséquences de cette affaire sur le climat des affaires et la confiance des investisseurs.
Dès l’entame de son propos, M. Wane a posé une question qu’il juge fondamentale : « Comment peut-on emprisonner l’homme qui a garanti l’électricité de tout un pays ? »
Selon lui, Khadim Ba est avant tout un entrepreneur sénégalais qui n’a jamais occupé de fonction gouvernementale et dont l’activité a joué un rôle déterminant dans la sécurisation de l’approvisionnement énergétique du Sénégal entre 2011 et 2022. Il rappelle que l’homme d’affaires est aujourd’hui poursuivi sur la base de trois accusations principales : l’utilisation présumée de faux documents relatifs à des cargaisons de carburant, le non-paiement de droits d’importation et la non-rapatriation de devises.
Le président du GSPD soutient que ces accusations sont contredites par plusieurs éléments du dossier. Il affirme notamment que la Société Africaine de Raffinage (SAR), identifiée comme importateur des cargaisons concernées, a confirmé l’arrivée effective des navires ainsi que le paiement des droits correspondants. Il ajoute qu’un expert judiciaire aurait également conclu à la régularité des opérations examinées.
S’agissant de la question du rapatriement des devises, M. Wane soutient que les opérations incriminées ont été réalisées en francs CFA sur le territoire national et qu’elles auraient reçu la validation des autorités monétaires compétentes. Il affirme également que les conclusions de l’expertise judiciaire démontreraient que Khadim Ba a rapatrié des montants largement supérieurs à ceux qui lui sont aujourd’hui reprochés.
Le président du GSPD a par ailleurs dénoncé les conditions de l’interpellation de l’homme d’affaires, estimant que celui-ci n’a pas pu exercer pleinement ses droits à la défense lors de la procédure engagée contre lui.
Au-delà des aspects judiciaires, Birane Yaya Wane a longuement insisté sur la contribution économique de Khadim Ba. Selon lui, lorsque la SAR faisait face à d’importantes difficultés de trésorerie, l’homme d’affaires aurait mobilisé ses propres garanties financières afin de permettre la poursuite des importations de carburant, contribuant ainsi à éviter des ruptures d’approvisionnement et des perturbations majeures dans la fourniture d’électricité.
Le président du GSPD a également dénoncé ce qu’il considère comme un traitement différencié entre certains opérateurs économiques étrangers et les entrepreneurs nationaux. Il a notamment cité le cas d’un ressortissant étranger ayant bénéficié, selon lui, d’un règlement négocié dans un dossier douanier, alors que Khadim Ba demeure en détention.
Au cours de cette conférence de presse, les responsables du GSPD et du CNDES ont également soulevé la question du cadre juridique applicable aux procédures douanières. Ils estiment que certaines dispositions du Code des douanes limiteraient excessivement les possibilités de contrôle judiciaire des procès-verbaux établis par l’Administration, ce qui pourrait, selon eux, porter atteinte aux droits fondamentaux des citoyens.
Face à cette situation, le GSPD et le CNDES ont lancé un appel au Président de la République afin de garantir un procès équitable et transparent dans cette affaire, de procéder à une révision des dispositions législatives contestées et de renforcer les garanties offertes aux investisseurs et aux entrepreneurs sénégalais.
En conclusion, Birane Yaya Wane a réaffirmé l’engagement de son organisation en faveur de la défense du secteur privé national et de la sécurité juridique des investissements. « On ne peut pas construire un Sénégal fort en emprisonnant ceux qui l’ont porté à bout de bras », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation de l’ensemble des acteurs économiques pour préserver un environnement favorable à l’entreprise et à l’investissement.
Moussa Diba










