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Gouvernance au Sénégal : le Rapport national 2025 met en lumière les avancées et les défis des réformes

Le ministère de la Justice, à travers la Direction du suivi et de l’évaluation des politiques de bonne gouvernance (DSEPBG), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a tenu un atelier consacré au partage et à la validation du Rapport national sur la gouvernance (RNG), édition 2025.

Présenté par le directeur de la DSEPBG, Dr Ousmane Kanté, ce rapport constitue un instrument d’analyse des évolutions institutionnelles, des acquis enregistrés et des défis qui persistent en matière de gouvernance au Sénégal. Il vise notamment à apprécier les mécanismes existants, à identifier les insuffisances et à proposer des mesures concrètes pour améliorer la gestion publique.

Dans son intervention, Dr Ousmane Kanté a indiqué que le rapport s’appuie sur l’analyse de quatre dimensions essentielles : la gouvernance démocratique, la gouvernance administrative, la gouvernance économique et la gouvernance territoriale.

Selon lui, les résultats font ressortir une évolution globalement positive, portée notamment par les réformes engagées par les pouvoirs publics depuis l’alternance de 2024. Il a rappelé que la bonne gouvernance figure parmi les priorités du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et occupe une place importante dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, notamment à travers son axe consacré à la bonne gouvernance et à l’engagement africain.

Le directeur de la DSEPBG a également souligné le caractère transversal de la gouvernance, qui concerne l’ensemble des ministères et des secteurs de l’administration. À ce titre, les recommandations issues du rapport sont appelées à être prises en compte par les différentes structures publiques afin d’améliorer les politiques et les pratiques administratives.

Parmi les progrès relevés, Dr Ousmane Kanté a particulièrement insisté sur la digitalisation de l’administration. Il a indiqué que plus de 80 % des procédures administratives seraient désormais digitalisées, une évolution qu’il considère comme une avancée majeure dans la modernisation des services publics.

Il a également mis en avant les réformes législatives adoptées en 2025 concernant l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), la protection des lanceurs d’alerte, l’accès à l’information et la déclaration de patrimoine.

Ces réformes, selon lui, contribuent au renforcement de la démocratie, à la transparence de la gestion publique et à la lutte contre la corruption. Elles doivent toutefois s’accompagner d’un suivi rigoureux afin d’en mesurer les effets concrets et de corriger les insuffisances persistantes.

Le responsable a reconnu que des défis demeurent et que l’amélioration de la gouvernance constitue un processus continu. Il a ainsi appelé à transformer les constats du rapport en propositions opérationnelles, assorties d’actions concrètes.

Au-delà du diagnostic, le RNG 2025 doit servir de cadre de référence pour le suivi des réformes. Dr Ousmane Kanté a annoncé qu’une plateforme de suivi des indicateurs de bonne gouvernance avait été mise en place pour permettre un suivi continu des performances, en collaboration avec les différents ministères sectoriels.Cet outil doit faciliter l’évaluation des progrès réalisés, l’identification des difficultés et l’ajustement des politiques publiques en fonction des résultats observés.

Le directeur de la DSEPBG a également évoqué la Stratégie nationale de bonne gouvernance, dont la validation technique a été effectuée récemment. Cette stratégie doit contribuer à structurer davantage les interventions et à renforcer la cohérence des réformes engagées.

Prenant également la parole au nom du ministre de la Justice, Mme Fatou Bintou Ndiaye Sall, conseillère technique au ministère, a rappelé que la bonne gouvernance constitue à la fois une exigence démocratique et un levier déterminant de l’efficacité de l’action publique.

Elle a insisté sur la nécessité de disposer d’institutions crédibles, d’une administration performante, d’une gestion rigoureuse des ressources publiques et de mécanismes de contrôle capables de prévenir les manquements et de renforcer la redevabilité.

Selon elle, la confiance entre les citoyens et les institutions se construit notamment grâce à la transparence des procédures, à l’accès à l’information et à la capacité des services publics à répondre aux besoins des populations.

La représentante du ministre a rappelé que les orientations du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, placent la transparence, la reddition des comptes et la lutte contre la corruption au cœur de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Elle a également souligné le rôle du ministère de la Justice dans la mise en œuvre de ces orientations, à travers la Stratégie nationale de bonne gouvernance et les réformes législatives adoptées en 2025.

Pour Mme Fatou Bintou Ndiaye Sall, le Rapport national sur la gouvernance 2025 intervient à un moment opportun. Il doit permettre de disposer d’un diagnostic rigoureux, d’éclairer les décisions publiques et de constituer une base de référence pour mesurer, dans la durée, les résultats de la stratégie nationale.

Elle a toutefois insisté sur le fait que l’exercice ne saurait se limiter à une simple présentation de constats. Les échanges doivent permettre d’examiner les analyses, de confronter les points de vue et d’améliorer les recommandations afin qu’elles soient pertinentes, réalistes et directement applicables.

À l’issue de cet exercice, l’enjeu est de faire du rapport un véritable outil d’aide à la décision et de transformation de l’action publique. Pour y parvenir, la représentante du ministère de la Justice a appelé à une appropriation effective du document par l’ensemble des acteurs concernés.

Les institutions publiques, les organes de contrôle, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile, les partenaires au développement et les représentants de la jeunesse sont ainsi invités à contribuer au renforcement de la gouvernance.

L’objectif est de faire émerger des priorités claires et des recommandations susceptibles d’être traduites en actions mesurables, avec des mécanismes de suivi et des indicateurs de performance.

En définitive, la portée du Rapport national sur la gouvernance 2025 dépendra de sa capacité à dépasser le stade du diagnostic pour produire des changements concrets dans les pratiques administratives et institutionnelles.

À travers cet exercice, les autorités entendent consolider les acquis, corriger les insuffisances et inscrire durablement la gouvernance publique dans une logique de transparence, de responsabilité et de résultats, en cohérence avec les ambitions de la Vision Sénégal 2050.

Moussa Diba

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