
Un nouveau lieu de mémoire, de recueillement et d’espérance pour la communauté catholique
Les travaux du nouveau cimetière catholique Saint-Jean-Paul II de Guédiawaye ont été officiellement lancés ce samedi 22 août 2026, au cours d’une cérémonie présidée par Monseigneur André Guèye, Archevêque de Dakar. La rencontre s’est déroulée en présence de la ministre des Sports et de la Jeunesse, Mme Djirèye Clotilde Coly, du maire de la Ville de Guédiawaye, ainsi que de nombreuses autorités administratives, municipales, religieuses et coutumières
.Implanté sur une superficie de quatre hectares, ce nouveau cimetière répond à un besoin devenu particulièrement pressant face à la saturation progressive des espaces funéraires dans l’agglomération dakaroise.
Dans son allocution, l’Archevêque de Dakar a placé la cérémonie sous le signe de l’espérance chrétienne, en s’appuyant notamment sur l’Évangile selon saint Jean : « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie.
Pour Monseigneur André Guèye, cette parole constitue le fondement de l’espérance chrétienne et rappelle que la mort n’est pas considérée comme une fin définitive
.« Nous savons que tous ceux qui reposent ici ne sont pas perdus. Comme le dit la Parole de Dieu, ils sont dans la main de Dieu », a-t-il souligné.
Le prélat a également exprimé sa profonde gratitude à l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réalisation du projet, notamment les collaborateurs de l’Archidiocèse, le comité de gestion, les experts, l’architecte, l’entrepreneur ainsi que les différentes équipes techniques.
Il a salué leur mobilisation et leur pragmatisme, estimant que leurs efforts ont permis de transformer une urgence pastorale en un projet concret
.Monseigneur André Guèye a présenté le projet autour de trois valeurs essentielles : la piété, la solidarité et le patriotisme.
La piété, d’abord, parce qu’il s’agit de permettre aux familles de rendre dignement hommage à leurs défunts dans le respect des prescriptions religieuses. La solidarité, ensuite, parce que le projet a bénéficié de contributions diverses, sans distinction de religion ou d’origine.
Enfin, le patriotisme, parce que la communauté catholique a voulu prendre ses responsabilités et contribuer elle-même à la satisfaction d’un besoin d’intérêt collectif.
L’Archevêque a notamment salué l’implication des autorités publiques et des collectivités territoriales, ainsi que les contributions reçues dans le cadre du projet.Il a également insisté sur la nécessité d’un aménagement cohérent des accès au site.
Selon lui, les autorités administratives et municipales doivent veiller à éviter tout encombrement ou occupation anarchique susceptible de rendre difficile l’accès au cimetière, notamment lors des rassemblements et des cérémonies funèbres.
Il a plaidé pour la réalisation d’un parking suffisamment vaste, ainsi que pour des aménagements favorisant le recueillement et la prière plutôt que le commerce et le désordre.Le prélat a également appelé à une gestion rigoureuse des quatre hectares du cimetière.
Les familles bénéficiaires devront respecter les règles fixées par le comité de gestion et la municipalité, notamment en matière d’occupation de l’espace et de construction des sépultures.
« Cet endroit doit favoriser la prière et le recueillement », a insisté Monseigneur André Guèye, qui a également souligné l’importance de préserver l’environnement et la propreté du site.
Le lancement symbolique de la plantation d’arbres s’inscrit dans cette volonté de faire du cimetière un espace soigneusement aménagé, digne et respectueux de l’environnement.

Prenant la parole au nom du chef de l’État et du gouvernement, la ministre des Sports et de la Jeunesse, Mme Djirèye Clotilde Coly, a salué une initiative répondant, selon elle, à « un besoin essentiel et pressant » des populations.
Elle a félicité l’Archidiocèse de Dakar pour sa vision et son engagement, tout en réaffirmant la disponibilité des services de l’État à accompagner le projet jusqu’à son achèvement.
La ministre a également mis en avant la dimension citoyenne et solidaire du chantier, fruit de la mobilisation de plusieurs acteurs institutionnels et de nombreuses personnes de bonne volonté.
Elle a formulé des vœux de réussite pour la poursuite des travaux, placés sous la bénédiction de l’Église.L’architecte Charles Pereira a, pour sa part, présenté les grandes lignes techniques du projet.
Le cimetière s’étend sur quatre hectares, organisés en plusieurs secteurs. Les travaux débuteront notamment par le secteur A, lui-même subdivisé en différentes sections.
L’architecte a expliqué que le projet prévoit plusieurs types d’aménagements funéraires, notamment des caveaux et des espaces adaptés aux différentes configurations de sépultures.Il a également souligné l’importance des travaux de terrassement nécessaires à l’aménagement d’une superficie aussi importante.
Les délais définitifs de réalisation n’ont toutefois pas encore été arrêtés, les équipes étant actuellement engagées dans la phase d’organisation et de démarrage opérationnel du chantier.Intervenant à son tour, Moussa Tine a insisté sur la nécessité d’anticiper les besoins futurs en matière de cimetières dans la région de Dakar.
Il a rappelé que les cimetières constituent, par nature, des équipements à dimension intercommunale et que la question de leur capacité se posera de manière croissante avec l’évolution démographique de l’agglomération.
Il a réaffirmé l’engagement des collectivités à accompagner le projet et évoqué notamment la question de l’éclairage des cimetières.
Selon lui, l’objectif est de trouver dès maintenant des solutions durables à une problématique qui concerne aussi bien les communautés chrétiennes que musulmanes.
Il a par ailleurs salué la mobilisation de la communauté catholique et la contribution de différents acteurs, estimant que la réalisation d’équipements d’intérêt communautaire doit reposer sur la conjugaison des efforts publics et privés.

Dans son intervention, Abe Théo a insisté sur la dimension humaine et universelle du cimetière, qu’il a présenté comme « une maison commune »
.Évoquant une inscription traditionnellement associée aux cimetières catholiques, il a rappelé la réalité qui unit les vivants et les défunts : « Vous avez été ce que nous sommes. Un jour, nous serons ce que vous êtes. »
Un message qui invite, selon lui, chacun à prendre conscience de la nécessité d’anticiper les besoins liés aux espaces funéraires et de ne pas rester spectateur d’une urgence qui concerne toute la société.
Au-delà de sa vocation religieuse, le cimetière Saint-Jean-Paul II apparaît ainsi comme un projet à forte dimension sociale et citoyenne. Sa réalisation repose sur la collaboration entre l’Église, l’État, les collectivités territoriales, les autorités administratives et de nombreux contributeurs.
Pour Monseigneur André Guèye, cette mobilisation constitue un nouvel exemple de la capacité des Sénégalais à se retrouver autour de l’intérêt général, dans un esprit de solidarité et de respect mutuel.
Après la bénédiction officielle du site et le lancement des travaux, les responsables du projet espèrent pouvoir procéder à son inauguration dans les prochains mois, si les conditions d’avancement du chantier le permettent.
Le nouveau cimetière catholique Saint-Jean-Paul II de Guédiawaye est ainsi appelé à devenir non seulement un lieu de repos pour les défunts, mais également un espace de mémoire, de prière, de dignité, de solidarité et d’espérance pour les générations présentes et futures.
Moussa Diba










