
Réunis en grand nombre, les agents du Trésor venus des différentes régions du pays ont échangé sur le bilan à mi-mandat du Secrétaire général du SUTT, El Hadji Dioumorou Dia, mais surtout sur les menaces que le syndicat dit percevoir à travers le projet de transfert du recouvrement des impôts locaux vers la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID).
Dans son allocution, le Secrétaire général du SUTT a salué « l’engagement » et « la détermination » des travailleurs du Trésor, soulignant la forte mobilisation des agents venus notamment de Tambacounda, Saint-Louis et plusieurs autres localités du Sénégal. Selon lui, cette présence massive traduit « l’intérêt accordé à l’avenir de l’administration du Trésor et du Sénégal ».
Face aux représentants des différentes amicales professionnelles et aux responsables régionaux présents dans la salle, il a dénoncé ce qu’il considère comme une « tentative de démantèlement » de l’administration du Trésor à travers la confiscation progressive de certaines de ses compétences historiques.
« Nous avons appris avec étonnement et stupéfaction le projet de loi portant Code général des impôts qui prévoit le transfert du recouvrement des impôts locaux du Trésor vers la DGID », a déclaré le responsable syndical, estimant que cette réforme « n’est bonne ni pour les collectivités territoriales, ni pour le Trésor, ni pour la République ».
Le SUTT considère que cette compétence relève historiquement du Trésor public et joue un rôle central dans la gestion de la trésorerie des collectivités territoriales ainsi que dans le fonctionnement du Compte unique du Trésor.
Selon El Hadji Dioumorou Dia, le projet risque de créer des difficultés de visibilité sur la disponibilité des ressources financières locales et d’affaiblir l’efficacité de la gestion publique.
Le syndicat demande ainsi l’arbitrage du ministre des Finances et du Budget ainsi que l’intervention des plus hautes autorités du pays afin de stopper cette réforme. Il réclame également une évaluation préalable du transfert du recouvrement des impôts d’État opéré en 2009 avant toute nouvelle réorganisation institutionnelle.
« Cette réforme ne doit pas passer. Nous nous y opposons et aucun moyen de lutte syndicale ne sera écarté », a averti le Secrétaire général du SUTT, tout en précisant privilégier le dialogue et la responsabilité au regard de la sensibilité des missions assurées par les agents du Trésor.
À l’issue de cette assemblée générale extraordinaire, les travailleurs du Trésor ont annoncé l’élaboration d’un plan d’action destiné à faire face à ce qu’ils qualifient de « lutte de survie » pour leur administration.
Moussa Diba










