Dès l’entame, les responsables du mouvement ont dressé un tableau sombre du contexte national, estimant que les récentes célébrations de la Korité et de Pâques ont été éclipsées par une précarité grandissante. Selon eux, « la fête est devenue un deuil financier », conséquence d’une gestion économique jugée défaillante.
Le mouvement a, par ailleurs, rendu un vibrant hommage à son leader, Bougane Guèye Dany, récemment distingué au Salon international des inventions de Genève. Une reconnaissance présentée comme la preuve d’une capacité à produire des résultats concrets, en contraste avec l’action des autorités actuelles.
Sur le plan économique, les Jambaars ont dénoncé une crise profonde du secteur primaire, évoquant notamment la détresse des maraîchers confrontés à l’absence de circuits de commercialisation et d’infrastructures de stockage. Le monde rural, selon eux, est « abandonné », faute de politiques adaptées en matière de semences, de mécanisation et de distribution.
La situation sociale n’a pas été épargnée. Le mouvement a exprimé son soutien aux transporteurs en grève, qualifiant leur mobilisation de « cri de survie » face aux contrôles abusifs et aux pratiques assimilées à du racket. Les ponctions salariales infligées aux médecins et enseignants en mouvement, ainsi que la réduction des allocations des étudiants, ont également été dénoncées comme des atteintes aux droits fondamentaux.
Sur le terrain juridique, Gueum Sa Bopp annonce une offensive devant la Cour suprême contre la taxe de 1 % sur les paiements en espèces, jugée « anticonstitutionnelle » et pénalisante pour les populations les plus vulnérables.
Le mouvement a aussi critiqué la gestion des finances publiques depuis l’alternance de 2024, dénonçant une « escroquerie financière » et des dépenses jugées excessives au sommet de l’État, notamment à l’Assemblée nationale.
Sur le plan politique, les Jambaars s’opposent fermement à toute réforme du Code électoral qui viserait, selon eux, à favoriser une personnalité en vue de la présidentielle de 2029, visant implicitement Ousmane Sonko. Ils appellent le Président de la République à s’opposer à ce qu’ils qualifient de « loi de la honte ».
En guise de riposte, le mouvement annonce le lancement d’une tournée nationale de solidarité. Celle-ci les conduira auprès des agriculteurs, transporteurs, étudiants et commerçants, avec l’objectif affiché de documenter les difficultés et de mobiliser les citoyens contre « l’injustice sociale et fiscale ».
Dans un ton mobilisateur, les Jambaars ont conclu en appelant les Sénégalais à « ne pas baisser la tête », posant le choix entre, selon eux, « le clanisme » et une alternative fondée sur « la compétence et la création de richesse ».
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