Au lendemain du méga meeting tenu par le Premier ministre Ousmane Sonko, président du parti PASTEF, les cadres de l’Alliance pour la République (APR) ont fait face à la presse ce lundi 10 novembre 2025 pour répondre aux attaques du chef du gouvernement.
La conférence de presse, organisée au siège du parti, a réuni plusieurs figures de la mouvance présidentielle, parmi lesquelles Seydou Guèye, l’honorable député Abdou Mbaw, le professeur El Hadji Malick Sarr dit Luc Sarr, ainsi que M. Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale.
Prenant la parole en premier, le professeur El Hadji Malick Sarr a tenu à exprimer, au nom de l’ancien président Macky Sall, sa reconnaissance envers les militants et responsables de l’APR, “de toutes les régions du Sénégal et de la diaspora”, pour leur mobilisation et leur fidélité au parti.
Revenant sur le discours d’Ousmane Sonko, Luc Sarr a fustigé ce qu’il considère comme une “propension à la calomnie et à la manipulation”. Selon lui, le Premier ministre “réduit son horizon politique à la diffamation et à la violence verbale”, ajoutant que “le président du PASTEF mène une campagne systématique de dénigrement contre Macky Sall, dans une tentative désespérée d’effacer son héritage politique”.
“Le Sénégal, l’Afrique et le monde connaissent bien Macky Sall. C’est un homme d’État majeur, dont l’œuvre résistera à l’usure du temps”, a-t-il martelé.
Luc Sarr a aussi dénoncé les accusations d’Ousmane Sonko concernant une supposée “dette cachée”, estimant qu’il s’agit d’une “pure invention sans fondement”.
“Qu’il montre les preuves ! Quel Sénégalais peut dire honnêtement savoir ce que signifie cette soi-disant ‘dette achée’ ?”, s’est-il interrogé.
Pour le professeur Sarr, “le Premier ministre confond diffamation et gouvernance”. Il a également rappelé que les rapports de l’Inspection générale d’État (IGE) ne sont destinés qu’au chef de l’État et non au Premier ministre :
“Il est donc impossible qu’il ait transmis un tel document à son propre président de la République. Ce n’est rien d’autre qu’une manœuvre pour justifier sa volonté de détruire nos institutions.”
L’orateur a conclu en affirmant que l’APR demeure un parti républicain, attaché à la démocratie et aux libertés :
“Depuis 17 ans, nous n’avons jamais dérogé à nos valeurs fondatrices. L’APR n’est pas et ne sera jamais un parti-État.”

L’honorable député Abdou Mbaw a, pour sa part, usé d’un ton plus direct et acerbe envers le chef du gouvernement. Selon lui, Ousmane Sonko “a un problème psychologique avec la vérité” et “vit dans une spirale de délires politiques”.
Réagissant aux propos du Premier ministre sur la dette cachee, Abdou Mbaw a apporté des précisions chiffrées :
“Ce qu’il dit sur la dette cachée, est faux. Les chiffres qu’il avance ne sont pas issus des bulletins statistiques officiels. Le dernier bulletin publié par la Direction de la Dette, date de juin 2014, et celui de 2024 n’est même pas encore sorti. Qu’il sorte les documents officiels avant d’accuser !”
Le député a également critiqué la gestion budgétaire du gouvernement actuel, rappelant que les “fonds politiques” que Sonko avait promis de supprimer existent toujours :
“Le budget de la Présidence est passé de 72 à 128 milliards, celui de la Primature de 25 à 31 milliards, et celui de l’Assemblée nationale a aussi augmenté. Où est la rationalisation du train de vie de l’État ?”, s’est-il interrogé.
Selon Abdou Mbaw, le Premier ministre “ignore les réalités de la gestion publique” et “s’attaque sans discernement aux institutions républicaines, notamment à la magistrature”.
“Nous avons à la tête du gouvernement quelqu’un qui n’est même pas au courant de ce qui se passe dans l’État. C’est inquiétant pour la République”, a-t-il lancé.
À travers cette conférence de presse, les cadres de l’APR ont voulu marquer leur solidarité autour de l’ancien président Macky Sall et dénoncer “les dérives communicationnelles” du Premier ministre.
Ils affirment préparer “une riposte politique et médiatique” face à ce qu’ils qualifient de “désinformation institutionnalisée” du gouvernement.
Espace Afrique







