L’Engagement Climatique et Citoyen pour les Organisations de Femmes (ECOFEM), dirigé par Mme Khady Camara, a tenu ce lundi 2 Novembre 2025 une grande cérémonie dédiée à la justice climatique, en présence de nombreuses associations engagées dans la lutte contre les effets du changement climatique.
L’événement a été articulé autour de trois thématiques majeures :
■ L’esclavage des temps modernes,
■ Les changements climatiques et la santé féminine,
■ Les changements climatiques et les violences basées sur le genre.
Dans son discours vibrant, Mme Khady Camara a tenu à exprimer sa gratitude envers les participantes .
Elle a salué « les braves dames citoyennes et leaders » venues de différentes régions du Sénégal , Dakar, Thiès, Saint-Louis, Diourbel, Ziguinchor, Matam , qui ont parcouru parfois des centaines de kilomètres pour se joindre à la première édition de la présentation des couleurs de l’injustice climatique.
Elle a rappelé que 80 % des femmes rurales vivent de l’agriculture et des ressources naturelles, et sont donc les premières touchées par la dégradation des écosystèmes, la perte de biodiversité, l’insécurité alimentaire et la pauvreté.
Rappelant les conclusions des rapports du GIEC, elle a insisté :
« Les signaux sont au rouge. Tout est au rouge. »
Selon elle, les vagues de chaleur extrême, les inondations répétées, les nouvelles maladies et la mortalité croissante liée aux conditions climatiques sont désormais une réalité palpable.
Elle a cité notamment la chaleur exceptionnelle actuelle qui a poussé ECOFEM à annuler la Marche des Femmes pour la Justice Climatique cette année.
Mme Camara a également évoqué les prévisions alarmantes :
« Si rien n’est fait, d’ici 2030, 118 millions d’Africains pourraient être confrontés à l’extrême pauvreté et à la famine. »
Déplorant le manque d’actions concrètes des grandes puissances, elle a rappelé que seulement 10 % des pays signataires ont déposé leur Contribution Déterminée au niveau national (CDN) issue de l’Accord de Paris (COP21).
Elle a interpellé les autorités sénégalaises et africaines :
« L’Afrique ne produit que 3 à 4 % des gaz à effet de serre, mais subit de plein fouet les effets du changement climatique. C’est une injustice. »
Critique envers les grandes conférences mondiales, elle a surpris l’assistance en déclarant :
« Il est temps que l’Afrique arrête de participer aux COP. Organisons des contre-COP, comme nous le faisons aujourd’hui. »
Mme Khady Camara a demandé au ministère de l’Environnement et à la Direction des Changements Climatiques de “cesser de suivre sans résultats” et d’adopter une posture plus ferme face aux engagements internationaux non tenus.
Elle a plaidé pour :
● une transition écologique effective dans tous les secteurs,
● une décarbonation de la société,
● une protection accrue des femmes rurales,
● une reconnaissance du rôle central des femmes dans la résilience climatique.
« Nous voulons des résultats probants. Nous voulons que vous tapiez sur la table pour réclamer justice climatique. »
L’artiste Alioune Badara Camara, présent à la cérémonie, a rendu hommage aux femmes :
Il a présenté une œuvre illustrant une reine protectrice, symbole de la femme africaine combattant les effets du changement climatique.
« Les femmes sont les vraies combattantes de ce défi climatique. Comme des reines, elles portent et protègent la communauté. »
Cette première édition de la Présentation des Couleurs de l’Injustice Climatique , Dakar 2025 marque un tournant important pour la mobilisation citoyenne portée par les femmes sénégalaises et africaines.
Le message est clair : la justice climatique est désormais un combat social, économique et moral, et les femmes entendent y occuper la première ligne.
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