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Dakar célèbre la première édition du Festival ouest-africain des Arts et de la Culture( ECOFEST) 

Sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko, la capitale sénégalaise a vibré ce dimanche au rythme de l’ouverture officielle d’ECOFEST 2025, première édition du Festival ouest-africain des Arts et de la Culture. Placée sous le thème : « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? », cette rencontre continentale marque une étape majeure dans la promotion de l’intégration culturelle régionale.

Organisé conjointement par la CEDEAO, l’UEMOA et l’État du Sénégal, ECOFEST ambitionne de mettre en lumière la diversité créative ouest-africaine, la transmission des valeurs ancestrales et le dialogue entre tradition et modernité.

Le public a été accueilli par une création originale du Théâtre National Daniel Sorano, intitulée « Pour que jamais le pagne ne s’effiloche », mise en scène par le dramaturge et écrivain Mamadou Seyba Traoré.

Cette œuvre immersive mêlant danse, récit et symbolisme interroge les liens profonds qui unissent les peuples de la sous-région.

La cérémonie a également été sublimée par des performances musicales d’artistes majeurs :

● Solange Cesarovna (Cap-Vert)

● Gyakie (Ghana)

● Ismaël Lô (Sénégal)

● Sidiki Diabaté (Mali)

Dans son allocution, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un discours d’une rare densité, célébrant la force unificatrice de la culture africaine.

Il a d’abord exprimé la fierté du Sénégal d’accueillir ce rendez-vous continental :

« Nous sommes ici chez vous, sur cette terre de Téranga où tradition et modernité se rencontrent et où nos diversités s’enrichissent mutuellement. Votre présence témoigne de notre attachement commun à l’idéal africain. »

Insistant sur les menaces qui pèsent sur les identités culturelles africaines , uniformisation culturelle, invisibilisation des langues locales, domination de modèles extérieurs , il a rappelé l’urgence d’un sursaut :

« Il est essentiel de protéger notre jeunesse des agressions culturelles. L’unité culturelle a toujours précédé l’intégration politique. »

Évoquant les grands empires du Ghana, du Mali ou du Songhaï ainsi que les grandes aires linguistiques (mandingue, wolof, haoussa, peul), il a souligné que l’Afrique de l’Ouest détient une histoire de continuité culturelle bien antérieure aux frontières coloniales.

Le Premier ministre a également salué le dynamisme croissant des industries culturelles et créatives :

« Elles ne sont plus un secteur marginal. Elles sont un moteur de croissance, d’emplois et d’innovation. »

Avant d’appeler à la création d’un marché commun de la créativité en Afrique de l’Ouest, fondé sur la circulation des œuvres, la protection du droit d’auteur et l’investissement dans les infrastructures artistiques.

Sonko a également alerté sur les risques d’aliénation culturelle que subit la jeunesse :

« Les forces obscures de la désinformation cherchent à la déraciner. Notre responsabilité est immense : offrir des raisons d’espérer, de créer et de s’épanouir ici, en Afrique. »

Il a conclu en engageant le public à s’approprier pleinement le festival :

« Parce que la culture est le chemin le plus court d’un peuple à l’autre, je déclare ouverte la première édition d’ECOFEST. »

Le Maire de Dakar, Abass Fall, a également exprimé la fierté de la ville d’accueillir un tel événement :

« Soyez les bienvenus chez vous, à Dakar, où souffle un esprit attaché aux traditions ancestrales et résolument tourné vers l’avenir. »

Rappelant la longue tradition culturelle de la capitale , du Festival mondial des arts nègres à la Biennale de Dakar (Dak’Art) ,il a souligné que Dakar demeure un creuset de créativité :

« Notre ville abrite l’une des plus grandes vitrines des arts africains depuis quinze éditions. »

Le maire a invité les festivaliers à découvrir les hauts lieux culturels de la ville : Musée des Civilisations noires, Monument de la Renaissance africaine, Maison des Esclaves, Grand Théâtre…

Il a conclu en saluant la portée symbolique d’ECOFEST :

« L’échange culturel demeure un outil puissant pour renforcer la paix, la cohésion et notre marche commune vers le progrès. »

Représentant le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, le commissaire Mamadou Diakité a salué la concrétisation d’un projet initié il y a plusieurs années en collaboration avec la CEDEAO.

« Nous avions imaginé ce festival pour valoriser notre riche patrimoine commun et réaffirmer l’importance des aires culturelles qui traversent l’Afrique de l’Ouest. »

Il a souligné la symbolique forte du choix du Sénégal et de Dakar, terre de Téranga, pour l’accueil de cette première édition :

« Dakar nous accueille dans la fraternité et la solidarité, rappelant la profondeur de notre unité régionale. »

Le  représentant de UEMOA , a réaffirmé l’engagement de l’Union à soutenir les initiatives culturelles permettant de consolider la cohésion entre les peuples.

Cette première édition se positionne comme un espace majeur de célébration, de réflexion et de création, réunissant artistes, décideurs, chercheurs, institutions et publics de toute la sous-rsous-régionn

En misant sur le patrimoine immatériel, les industries créatives, la transmission et le dialogue intergénérationnel, ECOFEST ambitionne de devenir un rendez-vous structurant de la diplomatie culturelle ouest-africaine.

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Moussa DIBA

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