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« Libérez Mohamed Bazoum » : la mobilisation internationale s’intensifie depuis Dakar

Le Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum a fait face à la presse ce vendredi à Dakar pour exiger la libération immédiate et sans condition de l’ancien président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, renversé et détenu depuis le coup d’État militaire du 26 juillet 2023.

Cette rencontre a réuni plusieurs personnalités politiques, universitaires et acteurs de la société civile, dont Alioune Tine, Nicolas Ndiaye, Talla Sylla, le professeur Elimane Kane, ainsi que d’autres membres du collectif.

Prenant la parole, le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, a rappelé que depuis le 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum est détenu dans des conditions jugées contraires aux normes internationales.

Il a annoncé que le collectif a déjà saisi plusieurs instances internationales, notamment le Secrétaire général des Nations Unies, la Commission de l’Union européenne, la CEDEAO et l’Union africaine, à travers une lettre ouverte accompagnée d’une pétition.

« Cette pétition a dépassé toutes nos attentes. Nous visions mille signatures, nous en sommes aujourd’hui à plus de 5 000, avec des signataires de très haut niveau, dont l’ancien président français François Hollande, une douzaine d’anciens Premiers ministres – notamment africains – ainsi qu’une trentaine d’anciens ambassadeurs », a-t-il souligné.

Alioune Tine a également appelé les grandes puissances internationales, notamment la Russie, la Chine et les États-Unis, à user de leur influence pour mettre fin à cette situation qu’il qualifie d’inhumaine et dangereuse pour la stabilité du Niger et du Sahel.

« La libération du président Bazoum pourrait ouvrir la voie à un dialogue politique national, à la réconciliation et éviter le pire dans un pays déjà confronté à d’énormes défis sécuritaires, politiques et économiques », a-t-il insisté.

Pour sa part, Talla Sylla, membre du collectif, a dénoncé avec force la détention prolongée du président nigérien et de son épouse Khadija Bazoum, qu’il qualifie de séquestration arbitraire.

« Depuis plus de deux ans et demi, un président démocratiquement élu est retenu en otage par une junte militaire. Cette situation rappelle les heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité », a-t-il déclaré.

Il a annoncé que le collectif a officiellement saisi le Président de la République du Sénégal, l’invitant à mobiliser la diplomatie sénégalaise en vue d’une médiation ultime, alors que le Sénégal s’apprête à assumer d’importantes responsabilités au sein des instances régionales.

Le collectif a également adressé des courriers à des personnalités internationales, dont l’ancien président américain Barack Obama, pour soutenir les efforts en faveur de la libération de Mohamed Bazoum et du retour à la stabilité dans le Sahel.

« Libérer Mohamed Bazoum, c’est restaurer l’honneur du Niger, créer les conditions d’une réconciliation nationale et tourner une page sombre de son histoire », a-t-il lancé à l’endroit des autorités militaires de Niamey..

De son côté, Nicolas Ndiaye, secrétaire général de la Ligue démocratique et ancien parlementaire, a rappelé que Mohamed Bazoum entretient des liens historiques avec le Sénégal, où il a effectué une partie de ses études universitaires.

Mais au-delà de ces liens personnels, il a insisté sur l’enjeu fondamental :

« Un président démocratiquement élu, sans contestation, a été renversé par un coup d’État et maintenu en détention arbitraire. C’est une violation flagrante du droit international, de la Constitution nigérienne et des décisions de la Cour de justice de la CEDEAO », a-t-il déclaré.

Il a ensuite donné lecture d’une lettre ouverte adressée à l’ONU, à l’Union européenne, à l’Union africaine et à la CEDEAO, appelant à une mobilisation internationale ferme et coordonnée pour obtenir la libération immédiate du président Bazoum et de son épouse.

Selon lui, la détention du président nigérien constitue un recul majeur des normes démocratiques dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et les crises socio-économiques.

À l’issue de la conférence de presse, le collectif a réaffirmé sa détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à la libération effective de Mohamed Bazoum.

« La libération du président Bazoum n’est pas une cause partisane. C’est un combat pour l’État de droit, la dignité humaine et la souveraineté populaire. L’Histoire jugera la capacité de la communauté internationale à défendre ces principes », ont conclu les membres du collectif.

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Moussa DIBA

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