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LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE MONSIEUR BASSIROU DIOMAYE FAYE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL ET PRÉSIDENT EN EXERCICE DE LA CEDEAO

Je me souviens de vos premiers mots prononcés après votre élection à la magistrature suprême, lors de votre discours à l’hôtel Radisson

:<< Je lance un appel à nos frères et sœurs africains pour qu’ensemble, nous consolidions les acquis obtenus dans les processus de construction de l’intégration de la CEDEAO tout en corrigeant les faiblesses et en changeant certaines méthodes, stratégies et priorités politiques. >>>

Ces paroles avaient suscité l’espoir. Aujourd’hui, le destin vous offre l’occasion de les transformer en réalité.

Monsieur le Président, il est temps d’imposer le changement. Pendant cinquante années, la CEDEAO a multiplié les sommets, les communiqués, les résolutions et les grandes déclarations. Pourtant, les peuples ouest-africains continuent de vivre avec les mêmes angoisses.

Nos États ne disposent toujours pas d’un système régional fiable d’identification des personnes. Les réseaux qui organisent la vente des actes d’état civil prospèrent encore. La mendicité transfrontalière des enfants continue d’humilier notre conscience collective. Le terrorisme étend son emprise. La cybercriminalité ignore les frontières. Les trafics de tous genres fragilisent nos économies et notre sécurité. Pendant que les criminels coopèrent sans frontières, nos États, eux, peinent encore à coopérer efficacement. Voilà la véritable urgence de la CEDEAO

Les rencontres des Chefs d’État ne doivent plus être de simples rendez-vous diplomatiques où l’on se félicite mutuellement avant de se donner rendez-vous au prochain sommet. Nos peuples attendent des décisions. Ils attendent des mécanismes communs. Ils attendent des résultats. L’intégration africaine ne doit pas être un slogan. Elle doit être un instrument de protection des peuples africains.Et cela commence par une évidence la sécurité nationale de chaque État doit constituer le fondement de la sécurité régionale. On ne bâtit pas une communauté forte avec des États fragiles. On ne construit pas une Afrique puissante en fermant les yeux sur les défaillances de nos systèmes d’identification, sur la fraude documentaire, sur l’immigration irrégulière organisée, sur les réseaux criminels qui profitent de nos faiblesses administratives.

Le Sénégal paie aujourd’hui un lourd tribut à une intégration constamment mal encadrée. Être favorable à l’intégration africaine ne signifie pas renoncer à protéger ses citoyens. Être panafricain ne doit pas signifier abandonner sa souveraineté. Être solidaire ne signifie pas être naïf.

Je vous invite, Monsieur le Président, à faire de votre mandat à la tête de la CEDEAO celui des réformes courageuses. Portez une stratégie commune avec la création d’un fichier national des étrangers pour chaque pays afin de lutter contre les multiples fraudes de l’État civil. Portez une politique régionale de lutte contre la mendicité forcée des enfants. Portez une véritable coopération contre le terrorisme et la cybercriminalité. Portez enfin une réforme de la libre circulation conciliant mobilité, responsabilité et sécurité.

Les générations futures ne retiendront pas le nombre de sommets que vous aurez présidés. Elles retiendront les décisions que vous aurez eu le courage de prendre. L’Histoire ne récompense jamais les présidences symboliques. Elle consacre les dirigeants qui changent le cours des choses. Aujourd’hui, vous avez l’occasion de démontrer que vos engagements n’étaient pas de simples promesses de campagne, mais une vision pour un continent organisé.

Le peuple sénégalais attend un Président qui préside. L’Afrique de l’Ouest attend un dirigeant qui réforme. La CEDEAO attend un homme qui ose. Présider, oui. Mais surtout s’imposer. Le temps des discours est derrière nous. Le temps des actes commence maintenant.

Veuillez croire, Excellence Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma très haute considération

Honorable Député Papa Tahirou Sarr, Président de Jël Liñu Moom – Les Nationalistes

Fait à Dakar, le 20/07/2026

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