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SAEMSS : le 6ᵉ Congrès ordinaire ouvre un nouveau chapitre pour le syndicalisme enseignant

Le Syndicat autonome des enseignants du moyen et du secondaire du Sénégal (SAEMSS) a tenu, ce samedi 26 septembre 2026, son 6ᵉ Congrès ordinaire au CICES de Dakar, en présence du ministre de l’Éducation nationale, le professeur Moustapha Mamba Guirassy, de représentants du gouvernement, des organisations syndicales et de nombreux congressistes.

Placée sous le signe de la réflexion sur l’avenir du syndicalisme enseignant et de la transformation numérique de l’éducation, cette rencontre constitue un moment majeur de bilan et de renouvellement pour l’organisation syndicale.

Au menu de ce congrès figurent notamment l’évaluation du mandat du Bureau exécutif national (BEN), installé lors du 5ᵉ Congrès en septembre 2022 à l’UCAD, l’examen de la mise en œuvre des accords conclus avec le gouvernement, la définition de nouvelles orientations syndicales ainsi que le renouvellement des instances dirigeantes.

Dans son intervention, le secrétaire général du SAEMSS, El Hadji Malick Youm, a présenté le congrès comme « un moment de communion entre la direction syndicale et la base syndicale », mais aussi comme une étape de reddition des comptes et de définition des perspectives.

Il a notamment mis en avant la signature, le 16 avril 2026, d’un nouveau protocole d’accord avec le gouvernement, présentée comme une avancée dans le combat syndical. Le responsable syndical a également cité plusieurs acquis obtenus au cours du mandat, parmi lesquels le paiement de certaines indemnités, la signature de décrets relatifs au fonctionnement des structures concernées, le démarrage de la formation diplômante de plus de 7 000 enseignants et les progrès enregistrés dans la digitalisation et l’interconnexion des plateformes.

Le SAEMSS revendique également des avancées concernant la situation de certains décisionnaires et l’ouverture de discussions sur l’âge de la retraite à 65 ans

.Mais le secrétaire général a également dressé la liste des engagements dont la mise en œuvre demeure attendue. Il a notamment évoqué le paiement des indemnités liées aux examens, l’étude annoncée sur le système de rémunération, l’audit sur le paiement des rappels ainsi que certains chantiers liés à l’académisation du BFEM.

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, El Hadji Malick Youm a ainsi appelé au respect des engagements pris dans le cadre du protocole d’accord.

Au-delà des revendications professionnelles, le syndicat entend désormais renforcer sa contribution aux transformations structurelles du système éducatif.

El Hadji Malick Youm a annoncé la préparation d’un document intitulé « Pacte pour la transformation de l’éducation et de la formation », destiné à apporter la contribution du SAEMSS au processus de refondation curriculaire engagé dans le secteur.

La transformation numérique occupe également une place centrale dans les orientations du syndicat. Pour son secrétaire général, le numérique et l’intelligence artificielle ne doivent pas être perçus comme des instruments destinés à remplacer l’enseignant, mais comme des outils permettant d’améliorer les performances scolaires et de renforcer le travail pédagogique.

Le congrès doit également permettre au SAEMSS de poursuivre son ouverture à l’international et de concrétiser le projet de construction d’un siège social moderne à Dakar, présenté comme un objectif porté depuis plusieurs années.

Prenant la parole, le ministre de l’Éducation nationale, le professeur Moustapha Mamba Guirassy, a salué le rôle du mouvement syndical dans le fonctionnement du système éducatif.Revenant sur ses relations avec les organisations syndicales depuis son arrivée à la tête du département en 2024, le ministre a insisté sur l’importance du dialogue social et de la contradiction dans la recherche de solutions.

Pour lui, le syndicalisme doit notamment contribuer à faire remonter les difficultés du terrain et à interpeller l’autorité sur les engagements qui restent à satisfaire.

Le ministre a par ailleurs appelé à une conception du syndicalisme fondée sur la recherche de la vérité, la responsabilité et la complémentarité entre les différents acteurs.

Une large partie du discours ministériel a été consacrée aux bouleversements provoqués par le numérique et l’intelligence artificielle.

Moustapha Mamba Guirassy estime que la transformation digitale constitue moins une menace qu’une opportunité de repositionner le métier d’enseignant. Selon lui, l’enseignant de demain ne pourra plus être uniquement celui qui détient et transmet le savoir

.« L’enseignant est un transmetteur de sens, pas de savoir », a-t-il notamment souligné, estimant que l’une des fonctions essentielles de l’enseignant demeure la transmission des valeurs, du sens, de l’empathie et du vivre-ensemble.

Le ministre a ainsi insisté sur la dimension profondément humaine de l’éducation, considérant que l’intelligence artificielle et les outils numériques ne peuvent se substituer à la capacité de l’enseignant à créer une relation humaine avec l’élève et à l’accompagner dans sa construction personnelle et sociale.

Pour le ministre, la transformation de l’école doit nécessairement prendre en compte l’évolution de l’enfant, des outils pédagogiques et de l’environnement numérique

Il a estimé que cette mutation pourrait, à terme, modifier la structure même du métier d’enseignant, avec une évolution du nombre d’enseignants et une redistribution des fonctions autour de nouvelles expertises : accompagnement, coaching, facilitation ou spécialisation.

« Sans les enseignants, au cœur de la transformation, il n’y aura jamais de transformation », a-t-il martelé, appelant à placer les enseignants au centre des grandes mutations économiques et sociales du pays.

Il a également salué le choix du SAEMSS de consacrer son 6ᵉ Congrès à la transformation digitale, considérant les conclusions de cette rencontre comme une contribution attendue au processus de refondation de l’éducation.

En guise de conclusion, Moustapha Mamba Guirassy a invité les responsables syndicaux à faire preuve de discernement dans le choix de leurs combats, en s’appuyant sur une métaphore animalière : celle du lion qui sait sélectionner les combats qui méritent son énergie.

À travers cette image, le ministre a appelé les acteurs syndicaux à privilégier les batailles susceptibles de produire des résultats pour l’école, les enseignants et les apprenants, tout en portant une vision plus large de leur responsabilité dans la transformation du système éducatif.

Le 6ᵉ Congrès du SAEMSS apparaît ainsi comme un rendez-vous à la fois statutaire et stratégique. Entre bilan du mandat 2022-2026, engagements gouvernementaux à suivre, renouvellement des instances et réflexion sur l’impact du numérique et de l’intelligence artificielle, le syndicat entend inscrire son action dans les grands enjeux de la refondation de l’éducation au Sénégal.

Moussa Diba

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