À Kigali, une polémique sur la liberté vestimentaire prend de l’ampleur après le concert de Diamond Platnumz. Plusieurs jeunes femmes affirment avoir été empêchées d’accéder au spectacle, organisé le 29 août 2026 à la BK Arena, en raison de tenues jugées trop courtes ou trop révélatrices par les agents chargés de la sécurité.
Selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux, certaines spectatrices auraient été sommées de couvrir leurs épaules, leur ventre ou certaines parties de leur corps avant de pouvoir entrer. D’autres auraient été contraintes de repartir se changer.
L’affaire intervient dans un contexte plus large de renforcement de l’application des règles relatives à la décence publique au Rwanda. La législation rwandaise sanctionne les actes jugés indécents dans l’espace public, mais ne fixe pas de manière détaillée une liste de vêtements interdits, ce qui alimente les interrogations sur les critères utilisés pour déterminer ce qui constitue une tenue « indécente ».
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées. Des voix dénoncent une atteinte à la liberté individuelle et au droit des femmes de choisir leur habillement, tandis que d’autres défendent la nécessité de préserver les valeurs culturelles et les normes de comportement dans les espaces publics.
La controverse soulève également une question essentielle : jusqu’où les autorités et les organisateurs d’événements peuvent-ils aller dans le contrôle de la tenue vestimentaire des spectateurs ? Pour les critiques, des règles claires devraient être communiquées à l’avance et leur application ne devrait donner lieu ni à l’humiliation ni à des traitements disproportionnés.
Cette polémique dépasse désormais le seul concert de Diamond Platnumz et relance au Rwanda le débat sur l’équilibre entre liberté individuelle, respect des valeurs culturelles, dignité des femmes et pouvoir de contrôle des autorités dans les lieux de divertissement.










