

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la Semaine nationale de sensibilisation et de mobilisation contre l’abus et le trafic illicite de drogues, qui se tient du 19 au 26 juin 2026. Elle a réuni des représentants des Nations Unies, de la CEDEAO, des autorités sénégalaises, des forces de défense et de sécurité, des professionnels de la santé, des chercheurs ainsi que de nombreux jeunes.
L’atelier vise notamment à sensibiliser les participants aux dangers liés à la consommation de drogues, à renforcer la prévention auprès des jeunes, à instaurer un dialogue durable entre la jeunesse et les forces de sécurité et à promouvoir la mise en place d’un réseau national de jeunes influenceurs engagés dans la lutte contre les drogues.
Dans son allocution d’ouverture, Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, a salué l’engagement des autorités sénégalaises et des partenaires mobilisés autour de cette problématique. Il a rappelé que le trafic de drogues constitue aujourd’hui une menace régionale majeure qui affecte non seulement la santé publique mais également la paix et la sécurité.
Selon lui, l’Afrique de l’Ouest est devenue un important couloir de transit pour les drogues illicites, une situation qui fragilise davantage des États déjà confrontés à d’importants défis sécuritaires. Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre les jeunes, les forces de sécurité, les autorités publiques, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux afin de mieux protéger les populations.
Prenant la parole à son tour, Mme Sylvie Bertrand, Représentante régionale de l’ONUDC, a souligné que la question des drogues ne peut plus être considérée comme un problème isolé. Elle représente, selon elle, un enjeu de sécurité, de santé publique, de cohésion sociale et d’avenir pour la jeunesse.
Elle a attiré l’attention sur l’expansion rapide des drogues synthétiques, des opioïdes et des substances pharmaceutiques détournées, rappelant qu’entre 2020 et 2024, l’Afrique a concentré près de 97 % des saisies mondiales de tramadol.
Pour la responsable onusienne, cette situation exige une réponse globale associant répression, prévention, recherche scientifique, santé publique et mobilisation communautaire.
Mme Bertrand a également plaidé pour une meilleure prise en charge des personnes souffrant d’addictions, estimant que la dépendance doit être considérée avant tout comme une maladie chronique nécessitant des soins adaptés plutôt qu’une simple question pénale.
Représentant les autorités sénégalaises,Monsieur Idrissa Cissé, Coordonnateur national du Comité interministériel de lutte contre la drogue, a réaffirmé la détermination du Sénégal à faire face à ce fléau mondial. Il a rappelé que le pays a ratifié l’ensemble des conventions internationales relatives au contrôle des stupéfiants et mis en place une politique nationale fondée sur la coordination des acteurs, la prévention, la sensibilisation, la répression des réseaux criminels et la prise en charge des personnes dépendantes.
Il a salué les efforts des différentes unités spécialisées, notamment l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), la Gendarmerie nationale, les Douanes et la Marine nationale, qui multiplient les opérations de saisie de drogues sur le territoire national et dans les eaux sénégalaises.
« La répression est nécessaire contre les trafiquants, mais elle ne suffit pas. Les personnes souffrant d’addictions doivent être accompagnées et orientées vers des structures adaptées », a-t-il insisté.
Au nom de la CEDEAO, Monsieur Jean Amade a rappelé que la lutte contre le trafic de drogues figure parmi les priorités stratégiques de l’organisation régionale. Il a souligné que les trafics illicites alimentent la criminalité organisée, le blanchiment de capitaux, la corruption et, dans certains cas, le financement du terrorisme.
Il a mis en avant les différents mécanismes régionaux mis en place par la CEDEAO pour soutenir les États membres dans la prévention, le contrôle des stupéfiants, le renforcement des capacités des institutions nationales et la lutte contre les flux financiers illicites issus du trafic de drogues.
À travers cet atelier, les organisateurs ambitionnent de renforcer la confiance entre les jeunes et les forces de sécurité, de promouvoir des campagnes régulières de sensibilisation et de mettre en place des cadres permanents de dialogue et de concertation.
Les participants ont ainsi réaffirmé leur volonté commune de construire une réponse concertée, équilibrée et durable face à un phénomène en constante évolution qui menace la santé, la sécurité et l’avenir de la jeunesse sénégalaise.
Moussa Diba











