
Prenant la parole en sa qualité de président du Conseil des ministres africains de l’Eau (AMCOW), le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a souligné la dimension désormais stratégique de l’eau. Selon lui, cette ressource ne peut plus être considérée comme un simple enjeu technique, tant elle est étroitement liée au développement économique, à la santé publique, à la sécurité alimentaire, à la résilience climatique, mais aussi à la paix et à la stabilité des États africains
Face à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes et à la pression croissante sur les ressources en eau, l’Afrique est appelée à accélérer sa réponse. Pour le Sénégal, l’heure est désormais à la transformation des engagements politiques en réalisations concrètes sur le terrain.
Cette orientation passe notamment par une accélération des investissements dans les infrastructures hydrauliques et d’assainissement, un renforcement de la gouvernance des ressources en eau et la mise en œuvre de solutions adaptées aux réalités économiques, sociales et environnementales des différents territoires africains.
Le défi est d’autant plus important que la croissance démographique, l’urbanisation rapide et les effets du changement climatique accentuent les besoins en eau potable et en services d’assainissement.
L’ambition défendue à Kigali s’inscrit dans la dynamique de la Nouvelle Vision et Politique Africaine de l’Eau 2063, portée sous l’impulsion de l’AMCOW. Cette vision place la question de l’eau au centre de la transformation économique et sociale du continent
.Elle met notamment l’accent sur l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, la résilience face au changement climatique ainsi que le renforcement de la coopération entre États autour des ressources hydriques partagées.
Pour le Sénégal, cette approche doit également permettre de faire de l’eau un instrument de coopération et de rapprochement entre les peuples, plutôt qu’une source de tensions autour de ressources devenues de plus en plus stratégiques.
Dans cette perspective, la prochaine Conférence des Nations Unies sur l’Eau 2026, co-organisée par le Sénégal et les Émirats arabes unis, apparaît comme une échéance majeure.
Dakar entend profiter de ce rendez-vous international pour contribuer à porter une position africaine commune et renforcer la place des enjeux du continent dans l’agenda mondial de l’eau.
À Kigali, le message du Sénégal est donc clair : l’Afrique doit désormais passer d’une logique d’engagements à une logique de résultats, en mobilisant davantage de financements, en améliorant la gouvernance et en renforçant les mécanismes de coopération.
Cette vision implique une mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur, des gouvernements aux institutions spécialisées, en passant par les opérateurs et structures nationales. Au Sénégal, cette dynamique concerne notamment l’Office des forages ruraux (OFOR), la SONES, l’ONAS, l’OLAC, la DGPRE, la Direction de l’Hydraulique, la Direction de l’Assainissement et la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations.
À travers son rôle au sein de l’AMCOW, le Sénégal ambitionne ainsi de contribuer à faire émerger une gouvernance africaine de l’eau plus efficace, plus solidaire et davantage orientée vers les résultats, au service du développement durable et du bien-être des populations.
moussa Diba










