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Crise en Guinée-Bissau : Dakar accueille une conférence internationale en faveur du retour à l’ordre constitutionnel

Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), principal parti d’opposition bissau-guinéen, était représenté par son porte-parole, Muniro Conté, chargé de présenter la déclaration finale adoptée à l’issue des travaux.

Intitulée « Le retour à l’ordre constitutionnel, à la démocratie et à la souveraineté populaire en Guinée-Bissau », la Déclaration de Dakar affirme que la crise politique bissau-guinéenne dépasse le cadre national et constitue un défi majeur pour la démocratie en Afrique de l’Ouest ainsi que pour le respect des principes de l’État de droit.

Dans leur résolution, les participants ont réaffirmé leur rejet de toute prise de pouvoir en dehors du cadre constitutionnel et insisté sur le fait que la souveraineté appartient exclusivement au peuple bissau-guinéen. Ils ont appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel, au fonctionnement normal des institutions républicaines et à la formation, dans les meilleurs délais, d’un gouvernement civil légitime, conforme à la volonté populaire.

La conférence a également demandé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, notamment Domingos Simões Pereira, président du PAIGC et président légitime de l’Assemblée nationale populaire selon les organisateurs. Les participants ont dénoncé les arrestations à caractère politique, les intimidations visant les opposants, les journalistes et les défenseurs des droits humains, tout en réclamant des enquêtes indépendantes dans le respect de l’État de droit.

Les signataires de la Déclaration de Dakar ont en outre appelé à une transparence totale du processus électoral, au respect des résultats issus des urnes et à l’ouverture d’un dialogue national inclusif en vue d’une réconciliation durable.

La résolution interpelle également les organisations régionales et internationales, notamment la CEDEAO, l’Union africaine, la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et les Nations unies, afin qu’elles assurent un suivi régulier de la situation politique en Guinée-Bissau et veillent à l’application des décisions prises en faveur du retour à la légalité constitutionnelle.

Intervenant à son tour, José Antonio Almeida, membre du PAIGC, a salué l’organisation de cette conférence à Dakar, qu’il considère comme un symbole de solidarité africaine. Selon lui, « la lutte pour la démocratie ne connaît pas de frontières ».

Dans un discours aux accents militants, il a dénoncé ce qu’il qualifie de confiscation de la souveraineté populaire et de paralysie des institutions démocratiques. Il a rappelé que le peuple doit demeurer l’unique source de légitimité du pouvoir et a réaffirmé trois revendications majeures : le retour immédiat à la normalité constitutionnelle, le respect du verdict des urnes et la libération de Domingos Simões Pereira ainsi que des autres prisonniers politiques.

Appelant les peuples africains, les mouvements panafricanistes, les organisations de jeunesse, les syndicats et la société civile à renforcer leur solidarité avec la Guinée-Bissau, les participants ont conclu la conférence en affirmant que « la démocratie n’est pas négociable » et que la Constitution doit demeurer le fondement de toute gouvernance légitime.

Adoptée et signée à Dakar le 27 juin 2026, la Déclaration de Dakar entend porter la voix des démocrates africains en faveur d’un retour durable à la paix, à la stabilité institutionnelle et à la souveraineté populaire en Guinée-Bissau.

Moussa Diba

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