À l’entame de son intervention, Abdou Karim Ndiaye est revenu sur la création, le 3 décembre 2020, du Comité pour la Plate-forme de Réflexions (CPR) Dooleel PIT-Sénégal, présenté comme un cadre de réflexion visant à redonner au PIT-Sénégal sa vocation historique de parti de gauche. Il a rappelé que la plateforme s’était fixé comme objectifs de susciter un débat interne sur l’avenir du parti et de le repositionner clairement à gauche de l’échiquier politique. Il a également mis en avant les activités menées durant plus de cinq années, notamment la publication de l’ouvrage « Genèse d’une révolution démocratique (2021-2024) : trois ans de luttes et d’espoirs ».
Le coordonnateur a vivement critiqué la direction actuelle du PIT-Sénégal, qu’il accuse d’avoir abandonné les idéaux historiques du parti au profit d’une proximité avec les différents régimes qui se sont succédé au pouvoir. Selon lui, les tentatives de réforme engagées par les militants de Dooleel PIT ont été systématiquement rejetées, allant jusqu’à des exclusions et suspensions de responsables accusés de mener des activités fractionnistes.
Abdou Karim Ndiaye a également dénoncé les choix économiques et politiques des anciens gouvernements, évoquant la dépendance vis-à-vis des institutions financières internationales, le recul de l’État de droit, la répression des manifestations, les arrestations d’opposants ainsi que le silence qu’il reproche au PIT-Sénégal lors des événements ayant marqué la crise politique précédant l’alternance de 2024.
Estimant que « trop, c’est trop », il a affirmé que la révolution nationale, démocratique et souverainiste engagée depuis l’arrivée de PASTEF au pouvoir mérite le soutien de toutes les forces progressistes. À ses yeux, la victoire de PASTEF aux élections présidentielle et législatives de 2024 constitue une opportunité historique pour rompre avec les pratiques de clientélisme et de mauvaise gouvernance.
Abordant la situation politique actuelle, le coordonnateur de Dooleel PIT-Sénégal a estimé que les divergences observées au sommet de l’État traduisent avant tout des différences d’approche sur les questions institutionnelles, notamment la lutte contre l’hyperprésidentialisme. Il a appelé les autorités à accélérer la reddition des comptes, à poursuivre les réformes institutionnelles et à préserver les principes de gouvernance qui ont porté PASTEF au pouvoir.
Abdou Karim Ndiaye a par ailleurs salué l’action menée par Ousmane Sonko durant son passage à la Primature, qu’il considère comme ayant engagé des réformes importantes malgré un contexte difficile. Il a dénoncé les attaques et campagnes de dénigrement visant le leader de PASTEF et appelé au respect de la démocratie et de l’État de droit.
Enfin, le responsable de Dooleel PIT-Sénégal a exprimé le soutien de sa plateforme à la loi n°17/2026 portant révision de la Constitution, adoptée par l’Assemblée nationale le 29 juin 2026. Selon lui, cette réforme, inspirée notamment des conclusions des Assises nationales, de la CNRI et des différents dialogues nationaux, constitue une étape importante vers le renforcement des institutions démocratiques, la limitation de la concentration des pouvoirs et la consolidation de l’État de droit.
Clôturant son intervention, Abdou Karim Ndiaye a lancé un appel au rassemblement des forces progressistes autour du projet de transformation porté par PASTEF, avant de conclure par les slogans : « Vive le Sénégal ! Vive PASTEF ! »
Moussa Diba










