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PUDC : un nouveau plan stratégique pour renforcer l’impact du développement communautaire

Le Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) a organisé, les jeudi 27 et vendredi 28 août 2026, un atelier consacré au partage et à la validatioPUDC : un nouveau plan stratégique pour renforcer l’impact du développement communautairen de son Plan de Développement Stratégique (PDS). La rencontre a réuni les différentes parties prenantes autour d’un cadre d’échanges et de concertation destiné à définir les grandes orientations du programme pour les prochaines années.

Après une décennie d’intervention sur le terrain, le PUDC entend ainsi franchir une nouvelle étape et inscrire son action dans une perspective stratégique, en cohérence avec les orientations nationales, notamment le référentiel Sénégal 2050 et les politiques sectorielles du ministère des Infrastructures.

Prenant la parole à l’ouverture de l’atelier, le coordonnateur national du PUDC, Gade Kounta, a rappelé qu’une structure de développement ne pouvait durablement fonctionner sans disposer d’un cadre stratégique clairement défini.

Selon lui, l’élaboration du PDS a débuté au lendemain de sa prise de fonction en 2025. Un consultant, M. Diop, a été mobilisé pour conduire un vaste travail de diagnostic et recueillir les attentes des différentes parties prenantes.

« On avait récolté M. Diop comme consultant, qui a sillonné tous les pays pour recueillir des informations auprès des bénéficiaires, auprès des gouverneurs, et faire un diagnostic interne du PUDC comme un diagnostic externe », a expliqué le coordonnateur national.

Le processus a toutefois connu quelques retards, notamment en raison du changement de tutelle du programme, passé du ministère de la Famille au ministère des Infrastructures. Cette évolution institutionnelle a nécessité d’attendre la mise en place de la lettre de politique sectorielle du nouveau ministère de tutelle.

Le document stratégique a finalement été élaboré en s’appuyant sur cette politique sectorielle ainsi que sur le référentiel Sénégal 2050.

L’atelier des 27 et 28 août constitue donc une étape importante : il doit permettre aux différentes parties prenantes de discuter, d’amender et de valider les orientations retenues.

Revenant sur les dix années d’existence du PUDC, Gade Kounta s’est dit satisfait des résultats obtenus par le programme sur le terrain.Un film présenté au cours de l’atelier a notamment permis de revenir sur les réalisations, les impacts et les transformations enregistrées au bénéfice des communautés.

« C’est un programme qui a eu quand même à faire des résultats au niveau du monde réel », a-t-il souligné, tout en reconnaissant que, comme toute intervention publique, le PUDC présente à la fois des acquis et des insuffisances.

L’objectif du nouvel exercice stratégique est justement de tirer les enseignements de cette première décennie afin d’améliorer l’efficacité du programme et de préparer sa troisième phase, dont le démarrage est annoncé prochainement.

Cette troisième phase devrait conserver comme priorité l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment à travers la réalisation d’infrastructures socio-économiques de base.Représentant l’Association des maires du Sénégal (AMS), le maire de Gagnick, Malick Ndiaye, a salué les résultats obtenus par le PUDC tout en attirant l’attention sur plusieurs enjeux liés à son évolution.

Il a notamment relevé un paradoxe entre la vocation initiale du programme, présenté comme un dispositif d’urgence, et l’élaboration aujourd’hui d’un plan stratégique destiné à projeter le PUDC sur plusieurs années.

Pour l’élu, cette nouvelle orientation doit être l’occasion de renforcer la cohérence entre les interventions du programme et les plans locaux de développement élaborés par les collectivités territoriales.

« Les communautés sont dans des territoires. Cela veut dire que les maires que nous sommes sont plus à même d’apprécier l’impact positif des résultats du PUDC sur les communautés que nous administrons », a-t-il déclaré.

Malick Ndiaye estime ainsi nécessaire de mieux associer les collectivités territoriales à la définition et à la mise en œuvre des futurs projets du programme.

Au-delà de la réalisation des infrastructures, le représentant de l’AMS a également soulevé la question de leur transfert aux collectivités et de leur entretien dans la durée.Il s’interroge notamment sur l’existence de mécanismes budgétaires permettant d’assurer la gestion, la maintenance et la pérennisation des infrastructures réalisées dans le cadre du PUDC.

Pour lui, ces questions doivent être intégrées au nouveau plan stratégique afin d’éviter que des infrastructures réalisées au profit des populations ne connaissent, à terme, des difficultés de fonctionnement faute de moyens d’entretien.

« Est-ce qu’il est prévu un budget ou un programme de transfert de ces infrastructures ? Est-ce que c’est prévu un budget de gestion et de maintenance de ces infrastructures ? », a-t-il interrogé.

Ces préoccupations renvoient plus largement à la nécessité de renforcer la territorialisation des politiques publiques et de créer une meilleure synergie entre les programmes nationaux et les stratégies locales de développement.

À travers cet atelier, le PUDC entend donc capitaliser sur une décennie d’expérience pour mieux préparer son avenir. Le Plan de Développement Stratégique doit servir de feuille de route pour les prochaines années et permettre au programme d’adapter ses interventions aux nouvelles priorités nationales et aux besoins exprimés par les territoires.

La réussite de cette nouvelle phase dépendra toutefois de la capacité du PUDC à consolider le dialogue avec les collectivités territoriales, à renforcer la participation des bénéficiaires et à garantir la pérennité des infrastructures réalisées.

Après dix années d’intervention, l’enjeu n’est donc plus seulement de construire, mais de faire en sorte que les investissements réalisés continuent durablement à produire des effets concrets sur les conditions de vie des populations.

Moussa Diba

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